Drone pulvérisateur : une autre façon de traiter les vergers avec plus de précision
Le drone pulvérisateur intervient dans les parcelles difficiles d’accès tout en améliorant la précision de l’application. Reste à disposer de produits autorisés pour un usage aérien. Démonstration de son potentiel sur verger au CTIFL de Lanxade, lors de l’événement Meca FL.
Comment intervenir lorsque les rangs du verger sont impraticables ou que les parcelles deviennent trop pentues pour un pulvérisateur ? Le drone pulvérisateur apporte une réponse à ces situations. Le 2 juillet, lors de la journée Méca Fruits et Légumes organisée au centre CTIFL de Lanxade (Dordogne), cette technologie a réalisé une démonstration en verger. Si son utilisation reste aujourd’hui très encadrée, ses caractéristiques techniques ouvrent de nouvelles perspectives pour l’arboriculture. « Dès que l’accès devient compliqué pour le pulvérisateur, le drone apporte une solution », résume Ronan Vigouroux, responsable environnement de Phyteis et qui a participé à cet atelier.
Une mission programmée, un vol entièrement autonome
Le drone présenté à Méca FL embarque 50 litres de bouillie. Une fois la parcelle cartographiée et la mission enregistrée, il décolle, suit seul sa trajectoire et applique le traitement.
Puis, lorsque la cuve est vide, il revient automatiquement à son point de départ. L’opérateur remplit à nouveau la cuve, change les batteries et relance la mission. Dans ce cas, le drone rejoint exactement l’endroit où il s’était arrêté avant de poursuivre son travail.
« Ce n’est plus un drone piloté à vue. On lui décrit une tâche et il l’exécute avec une très grande précision de trajectoire », explique Ronan Vigouroux. Sa rapidité de travail est également importante. »
Un flux d’air plaque les gouttes dans le feuillage
L’expert de Phyteis note surtout les performances de pulvérisation de la machine. En effet, la démonstration s’est déroulée avec un léger vent qui peut générer de la dérive. Toutefois, le drone vole à faible hauteur. Le souffle de ses hélices rabat alors les gouttelettes vers la végétation et met le feuillage en mouvement. « Ce flux d’air vertical favorise la pénétration dans l’arbre, améliore la qualité de pulvérisation et limite la dérive », souligne Ronan Vigouroux.
Des buses rotatives pour mieux maîtriser la taille des gouttes
Autre spécificité, le drone embarque des buses rotatives. La taille des gouttelettes dépend directement de la vitesse de rotation du disque et non de la seule pression hydraulique. Ainsi, cette technologie produit une gamme de gouttes beaucoup plus homogène que les buses classiques.
Installées sous le drone, les buses diffusent les gouttelettes sans obstacle mécanique. Les hélices les dirigent alors verticalement vers la végétation.
Le principal verrou reste réglementaire
La Loi 2025-365 du 23 avril 2025 limite les applications par drone aux parcelles présentant une pente supérieure ou égale à 20 %, ainsi qu’aux vignes mères de porte-greffes et aux bananeraies. L’utilisation des produits reste, elle aussi, très encadrée.
« Autoriser le drone ne suffit pas. Les produits doivent aussi disposer d’une autorisation pour ce mode d’application. Or, la loi réserve les applications par drone aux produits de biocontrôle, à faible risque, ou utilisables en agriculture biologique », rappelle Ronan Vigouroux
Enfin, le coût des équipements demeure élevé et leur mise en œuvre requiert une forte technicité. Dans un premier temps, les prestations de pulvérisation par drone devraient donc être assurées par des entreprises spécialisées.