LE VIGNOBLE BORDELAIS À L'ÉPREUVE DU CLIMAT
Réparti sur plus de 500 communes de Gironde, le vignoble bordelais regroupe 38 appellations d’origine contrôlée, de Médoc à Sauternes, qui s’épanouissent de part et d’autre de l’estuaire de la Gironde. Sur la rive gauche, le Médoc, les Graves et Sauternes déploient leurs grands crus prestigieux, tandis que sur la rive droite sont produits les Saint-Émilion, Pomerol, Fronsac et leurs crus renommés.
Pour l’ensemble de ces vignobles, le changement climatique impose aux viticulteurs une adaptation permanente, souvent dans l’urgence. Depuis plusieurs années, la production viticole est en effet confrontée à des aléas climatiques de plus en plus sévères, notamment des épisodes de sécheresse et de gels tardifs récurrents (quatre épisodes au cours des dix dernières années).
Un exemple : le Château de la Rivière (Fronsac, en Gironde), un domaine emblématique du bordelais.
VINS DE BORDEAUX
de vin de Bordeaux/an
(données 2022)
CHÂTEAU DE LA RIVIÈRE
de la production en France (particuliers et grande distribution)
(Canada, Europe, Chine, Japon)
(66 hectares de « rouge » et 2 de « blanc »)
FACE À LA VARIABILITÉ CLIMATIQUE, L'INDISPENSABLE ÉVOLUTION DES STRATÉGIES DE PROTECTION DU VIGNOBLE
L’année 2025 a de nouveau mis le vignoble bordelais à rude épreuve. Et comme pour de nombreuses filières agricoles, la filière doit faire face à une baisse conséquente du nombre de substances phytopharmaceutiques mises à disposition des viticulteurs pour protéger leurs vignes.
1. Le mildiou de la vigne : des attaques très fortes depuis une dizaine d’années
Cette maladie fongique constitue la principale menace pour les viticulteurs. Provoquant des taches huileuses sur les feuilles et les baies, elle entraîne à terme la chute du feuillage et la pourriture des grappes, avec pour conséquence une forte baisse des rendements, pouvant atteindre 90 % sur une exploitation.
Le cuivre, solution historique de protection des vignes contre le mildiou, n’est plus suffisant lorsque la pression de la maladie est élevée. Son efficacité nécessite une application sur une période très courte, avant que la maladie ne gagne. Or, au domaine du Château de la Rivière, comme dans de nombreux autres domaines, il est techniquement impossible de traiter l’ensemble du vignoble en une seule journée. De plus, son utilisation a récemment été fortement restreinte par l’Anses.
Si les usages des solutions phytopharmaceutiques « classiques » sont de plus en plus restreints (disparition de solutions, attentes sociétales, etc.), ces solutions demeurent les plus efficaces pour lutter contre le mildiou.
2. Le black rot de la vigne : une recrudescence préoccupante
Cette maladie provoque sur le feuillage des taches brunes, et entraîne la momification des baies. En cas de forte pression, elle peut faire chuter le rendement et altérer la qualité des moûts.
Seules des substances polyvalentes (c’est-à-dire utilisées contre d’autres maladies fongiques) sont efficaces. Aucune solution de biocontrôle actuellement disponible n’a montré de résultats probants.
3. L’oïdium de la vigne : un défi constant pour la qualité des raisins
L’oïdium de la vigne se caractérise par un feutrage ou des poils blanchâtres qui se développent sur les bourgeons, les feuilles, les fruits et les branches. Il entraîne une baisse du rendement et une altération de la qualité des raisins. À plus long terme, il fragilise l’ensemble de la vigne.
Le soufre reste la base de la protection de la vigne. Il est utilisé en début et fin de saison.
ENTRE OBSERVATION, INNOVATION ET ADAPTATION : LA VITICULTURE BORDELAISE EN TRANSITION
Face aux pressions répétées du mildiou, du black rot et de l’oïdium observées en 2025, la filière renforce sa stratégie combinatoire en mobilisant plusieurs leviers complémentaires :
- Les outils d’aide à la décision : les expérimentations menées au Château de La Rivière illustrent la montée en puissance des outils digitaux, capables de détecter précocement le mildiou et de planifier les traitements de façon optimale jusqu’à J+7.
- Les solutions de biocontrôle et les cépages résistants : plusieurs domaines expérimentent des solutions de biocontrôle en complément des protections conventionnelles. Parallèlement, de nouveaux cépages résistants au mildiou et à l’oïdium, tels que le Souvignier gris ou le Floréal, sont déjà implantés dans certaines parcelles du Bordelais.
Réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques ne se fait pas en un claquement de doigts. Cela passe par la recherche, par l’innovation et l’expérimentation. Grâce à de nouveaux outils d’aide à la décision et à la modélisation, nous pouvons anticiper les attaques de maladies et raisonner nos interventions. L’enjeu aujourd’hui est de sécuriser notre production face aux aléas climatiques et économiques.
Xavier BUFFO, Directeur Général du SCA Château de la Rivière
Les bioagresseurs relatifs à la FILIÈRE VIGNE
L’oïdium menace la vigne principalement avant la floraison, mais il est crucial de noter que son impact sur la récolte s'avère le plus important durant la période s'étalant de la floraison à la nouaison.
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Le botrytis de la vigne est un bioagresseur redouté par les viticulteurs. Responsable de la fameuse pourriture grise sur les raisins, cette maladie de la vigne affecte lourdement le rendement et la qualité du vin. Pour lutter contre la maladie, les agriculteurs doivent mobiliser une approche globale combinant la prophylaxie, la phytopharmacie et le biocontrôle.
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Le black rot de la vigne (Guignardia bidwellii) est une maladie de la vigne d'origine fongique dont les conséquences peuvent s'avérer particulièrement lourdes, tant sur le rendement global de la récolte que sur la qualité finale du vin. Également désignée sous le nom de pourriture noire, cette maladie cryptogamique est provoquée par le champignon pathogène Guignardia bidwellii.
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