LA FILIÈRE POMME DE TERRE, UNE FILIÈRE EMBLÉMATIQUE DE L'AGRICULTURE FRANÇAISE
Cultivée sur l’ensemble du territoire français, avec des bassins de production majeurs dans les Hauts-de-France, le Grand Est et la Normandie, la pomme de terre française est l’un des fleurons de la Ferme France. Notre pays est en effet le 1er exportateur mondial de pommes de terre et le 2ème producteur européen.
Culture exigeante, la pomme de terre est particulièrement sensible aux aléas climatiques (sécheresse, fortes pluies, inondations) qui influencent fortement les rendements et la qualité des tubercules. À ces contraintes s’ajoutent la pression de maladies et de ravageurs, qui imposent une vigilance constante aux producteurs.
PRODUCTION (2024)
de pommes de terre de conservation (marché du frais et industrie)
de pommes de terre de printemps dites « de primeurs » (marché du frais)
DÉBOUCHÉS (6,8 millions de tonnes)
dont 1,3 million de tonnes pour le marché français et 1,8 million de tonnes pour l’export
dont 1,1 million de tonnes pour la France et 1,4 million de tonnes pour l’export
COMPOSER AVEC DES ALÉAS MÉTÉOROLOGIQUES FRÉQUENTS : UN DÉFI À RELEVER CHAQUE ANNÉE
1. En 2025, une pression exceptionnelle des pucerons de la pomme de terre, notamment dans le Nord et en Beauce
Les pucerons affaiblissent les plantes en piquant les feuilles, qui peuvent alors se déformer et assurer moins efficacement la photosynthèse. Quand ils sont très nombreux, ils laissent un dépôt collant qui favorise l’apparition de fumagine (maladie fongique se traduisant par une couche noire sur les feuilles). Le plus gros risque vient toutefois des virus que transmettent les pucerons. Ceux-ci peuvent faire perdre jusqu’à 80 % de la récolte sur certaines variétés.
Contre le puceron, il est recommandé, en prévention, de privilégier les variétés peu sensibles au virus et d’avoir recours à la méthode du paillage pour ceux qui peuvent. Dès la levée, il faut surveiller régulièrement la présence de pucerons. Par ailleurs, si le nombre de pucerons reste bas, l’enjeu est de préserver les auxiliaires (notamment coccinelles) pour aider à faire face à une future pression. Si le seuil d’intervention est atteint, un traitement est nécessaire en alternant les modes d’action.
2. Le mildiou, principale menace de la culture de pommes de terre
Le mildiou est la maladie fongique représentant un risque majeur pour la pomme de terre. En cas de forte attaque, il peut détruire toute une parcelle. Si la pression était faible en France en 2025, l’émergence de nouvelles souches résistantes en Europe accroît encore le risque de pertes importantes.
Dans le cadre de la lutte contre le mildiou, la combinaison de leviers est testée chaque année et permet d’augmenter considérablement l’efficacité. Elle repose à la fois sur la prévention (comme la gestion des déchets de culture, le choix de variétés adaptées ou l’usage d’outils d’aide à la décision) et sur un programme de traitements en alternant les modes d’action des fongicides utilisés contre le mildiou.
3. Le taupin, insecte ravageur des tubercules
Les larves de taupins, aussi appelées « vers fil-de-fer », creusent des trous dans les tubercules. Ces galeries abîment fortement les pommes de terre, qui peuvent alors devenir invendables. Elles facilitent aussi l’entrée d’autres maladies, notamment des champignons. La pression exercée par le taupin est très variable selon les régions, les plus concernées étant la Bretagne, le Grand Est et les régions au sud de la Loire.
Huit produits phytopharmaceutiques sont autorisés en 2024, mais leur efficacité reste limitée, surtout quand le ravageur est très présent. La lutte passe donc aussi par des pratiques agronomiques : allongement des rotations, travail du sol, et choix de parcelles moins infestées.
UNE FILIÈRE POMME DE TERRE ENGAGÉE DANS LA RECHERCHE D'ALTERNATIVES POUR PROTÉGER LES CULTURES
- Contre les pucerons, depuis l’interdiction d’un insecticide en 2022, la recherche de solutions efficaces et économiquement viables s’est poursuivie. Quatre essais au champ ont permis de tester douze solutions de lutte directe, dont six de biocontrôle. Cinq produits ont montré une efficacité satisfaisante sur la réduction des populations. Parallèlement, d’autres innovations ont été explorées : buses pour optimiser la pulvérisation et plantes de service pour favoriser la régulation naturelle des ravageurs.
- Pour lutter contre les larves de taupins, ARVALIS, organisme de recherche pour les grandes cultures, a testé plusieurs pistes alternatives (utilisation de champignons entomopathogènes, plantes appâts destinées à détourner les larves), ainsi que divers leviers agronomiques (variétés plus résistantes, techniques de récolte adaptées). Ces méthodes montrent des résultats encourageants en cas d’attaques modérées, mais leur efficacité reste variable selon les conditions.
- Les efforts de recherche se concentrent également largement sur le mildiou, principal ennemi de la pomme de terre. Le projet Ecophyto SYNAPTIC, par exemple, vise à améliorer l’approche combinatoire (association de variétés résistantes, recours au biocontrôle, et usage d’outils d’aide à la décision (OAD)). Les essais montrent que cette stratégie permet de réduire les traitements fongicides tout en maintenant une bonne protection des cultures.
La pomme de terre française est l’un des fleurons de notre agriculture, ancrée dans les territoires et reconnue à l’international. Mais sa pérennité dépend de notre capacité à combiner prévention, innovation et solutions phytopharmaceutiques raisonnées. Sans cela, ni la souveraineté alimentaire ni notre position de premier exportateur mondial ne pourront être maintenues.
CNIPT
Les bioagresseurs relatifs à la FILIÈRE POMMES DE TERRE
Représentant en eux-mêmes un impact rendement faible, les pucerons sur pommes de terre transmettent en revanche des virus, au risque important. Ceux-ci peuvent affecter de manière significative les rendements.
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Le mildiou des pommes de terre est une maladie redoutable, tristement célèbre pour être responsable de la grande famine qui a touché le nord de l’Europe au 19ème siècle. Il s'agit d'une maladie cryptogamique provoquée par un champignon de la famille des Phytiacées : Phytophthora infestans.
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