LA FILIÈRE CERISES EN 2025 : UNE PRODUCTION QUALITATIVE SOUS PRESSION DES RAVAGEURS
La cerise française se décline en de nombreuses variétés, de la Burlat à la Napoléon, qui offrent un large éventail de couleurs et de saveurs. La saison de récolte débute fin mai pour les variétés précoces comme la Burlat, culmine en juin et se termine mi-juillet, voire mi-août pour certaines variétés tardives.
Depuis quelques années, la filière fait face à de nombreuses problématiques qui se cumulent : les aléas climatiques (gels printaniers, pluies intenses, sécheresses), la pénurie de main-d’œuvre saisonnière, la pression de ravageurs invasifs. Enfin, la volatilité des prix, accentuée par la concurrence internationale et la hausse des coûts de production, pèse sur la rentabilité des producteurs.
PRODUCTION
BALANCE COMMERCIALE (2023)
FACE À LA PRESSION CROISSANTE DES RAVAGEURS : DES MOYENS DE LUTTE INEFFICACES OU TRÈS COÛTEUX
La filière « cerises » subit une pression parasitaire croissante qui se traduit par une multiplication des attaques de mouches ravageuses, la Drosophila suzukii et la Rhagoletis cerasi, ainsi que du puceron noir.
1. La drosophile du cerisier (Drosophila suzukii) : 20 % de pertes en moyenne en 2025
La femelle de cette mouche pond à l’intérieur des fruits mûrissants ; les larves creusent alors des galeries, provoquant chutes et pourriture des cerises.
Seule l’utilisation de filets anti-insectes (insectproof), associés à des produits insecticides accordés chaque année par dérogation, constitue une solution réellement efficace pour protéger les vergers. Toutefois, leur coût demeure particulièrement élevé pour les producteurs.
Des programmes de lutte biologique basés sur l’introduction de parasitoïdes et de prédateurs naturels dès le début de la saison peuvent contribuer à diminuer les populations de larves.
2. La mouche de la cerise (Rhagoletis cerasi)
Les larves de cette mouche se nourrissent de la pulpe du fruit, entraînant sa détérioration. Le fruit est alors invendable.
En 2025, la Rhagoletis cerasi a été bien maîtrisée grâce à un insecticide efficace. Toutefois, celui-ci n’est plus autorisé à partir de 2026. Il existe une alternative, mais moins efficace.
3. Le puceron noir du cerisier (Myzus cerasi)
Ce ravageur suce la sève de l’arbre et favorise la fumagine, une maladie fongique, causée par un champignon. L’arbre entier s’en trouve affaibli.
Jusqu’en 2025, un insecticide efficace permettait de contrôler les populations de pucerons noirs. À partir de 2026, les arboriculteurs ne disposeront plus de solutions viables.
LE FUTUR DE LA FILIÈRE CERISE SOUMIS À LA MISE AU POINT D'ALTERNATIVES DE LUTTE
Sans moyens de lutte alternatifs ces prochaines années et malgré un plan pluriannuel mis en place par le ministère de l’Agriculture, c’est toute la filière qui est menacée par les ravageurs.
- Les producteurs qui envisagent de planter aujourd’hui de nouveaux cerisiers n’ont pas l’assurance de pouvoir lutter efficacement contre la Drosophila suzukii quand leurs cerisiers commenceront à produire d’ici 4 à 6 ans.
- Les filets anti-insectes (insectproof) ne sont efficaces qu’avec des solutions phytopharmaceutiques obtenues par dérogation. Rien ne dit que ces dernières seront encore disponibles dans quelques années.
- De nombreux programmes de recherche sont en cours, grâce à des moyens alloués par l’État : le ministère de l’Agriculture a autorisé des lâchers du parasitoïde Ganaspis brasiliensis sur des parcelles expérimentales pour lutter contre Drosophila suzukii. En 2024, vingt lâchers ont été réalisés en trois phases sur plusieurs sites. Puis un suivi des populations a été assuré par piégeage après la récolte.
- D’autres pistes sont également testées comme la micro-injection ou encore la technique de l’Insecte Stérile (TIS).
- À la suite des récents dégâts opérés et inattendus par la Rhagoletis cerasi, la filière souligne l’importance d’inclure la lutte contre ce ravageur dans les programmes de recherches.
La protection sanitaire de la cerise nécessite à la fois l’accès à des solutions efficaces à court terme et l’investissement, avec l’aide de la recherche, dans des solutions alternatives (lutte biologique), et des approches combinatoires. Il s’agit donc de fiabiliser le court terme tout en maintenant l’effort pour renforcer le panel de solutions aussi rapidement que possible.
Jean-Christophe NEYRON, Président, et Alexandra LACOSTE, Directrice, de l’AOP Cerises de France
Les bioagresseurs relatifs à la FILIÈRE CERISES
Le puceron noir du cerisier (Myzus cerasi, Homoptera : Aphididae) est un ravageur particulièrement redoutable des vergers de cerisiers européens. Discret mais prolifique, il affecte la croissance des jeunes pousses, la qualité des fruits et la rentabilité des exploitations.
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La Drosophila suzukii (drosophile à ailes tachetées – Diptera, Drosophilidae) est actuellement présente en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique Latine.
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