FILIÈRE BLÉ
FICHE CULTURE
La filière blé - icone

POUR LE BLÉ, COLONNE VERTÉBRALE AGRICOLE DE LA FRANCE, L'IMPASSE N'EST PAS UNE OPTION

Changement climatique, évolution de la réglementation environnementale, suppression de solutions phytopharmaceutiques, pression croissante de nouveaux ravageurs… La culture du blé en France doit sans cesse s’adapter afin de préserver tout son potentiel de productivité.

Depuis quelques années, les agriculteurs adoptent progressivement une stratégie combinant différentes technologies au service de la santé des cultures. Objectif : protéger la culture tout en limitant l’utilisation de produits conventionnels au strict minimum.

PRODUCTION (2025)

33,1 millions de tonnes
BLÉ TENDRE
33,1 millions de tonnes
1,2 million de tonnes
BLÉ DUR
1,2 million de tonnes
4,4 millions d'hectares
SURFACES NATIONALES — BLÉ TENDRE
4,4 millions d'hectares
222 000 hectares
SURFACES NATIONALES — BLÉ DUR
222 000 hectares

EXPORTATIONS

7,048 millions de tonnes
BLÉ TENDRE
7,048 millions de tonnes

vers l’Union européenne et 7,850 millions de tonnes vers des pays tiers

720 000 tonnes
BLÉ DUR
720 000 tonnes

ASSURER DES RÉCOLTES DE QUALITÉ ET EN QUANTITÉ SUFFISANTE : UN ENJEU STRATÉGIQUE

En raison de son importance stratégique, la production de blé ne peut se soustraire à ces deux exigences strictes : garantir des récoltes de qualité et en quantité suffisante, et satisfaire des impératifs sanitaires élevés.

1. Face à la jaunisse du blé : des solutions à l’efficacité variable

Cette maladie virale empêche le bon développement des épis, ce qui fait baisser les rendements et la qualité des grains. Les pertes peuvent atteindre 5 à 10 quintaux par hectare.

Depuis l’interdiction des néonicotinoïdes, une famille d’insecticides, il n’existe plus de traitement de semences capable de protéger le blé contre les pucerons vecteurs de la jaunisse. La seule alternative aujourd’hui repose sur des insecticides de la famille des pyréthrinoïdes. Leur efficacité reste toutefois variable : elle dépend des conditions d’application, de la météo et de la résistance des populations de pucerons.

2. Contre le virus des mosaïques : aucune solution à ce jour

Les mosaïques infectent particulièrement le blé dur en perturbant sa croissance. La totalité de la parcelle peut être atteinte. Il n’existe, à ce jour, aucun moyen de lutte vraiment efficace.

3. Maîtriser les mauvaises herbes, indispensable pour prévenir de potentiels foyers d’ergot du blé

L’ergot peut contenir de fortes teneurs en alcaloïdes (toxines dangereuses), qui sont à l’origine de l’ergotisme, une intoxication grave affectant le système nerveux, circulatoire et digestif de l’être humain.

Contre les mauvaises herbes, favorables au développement de l’ergot, les herbicides ont tendance à être moins efficaces du fait de la réduction du panel de solutions disponibles.

4. Les fusarioses, des maladies qui attaquent l’épi

Les fusarioses sont des maladies fongiques qui peuvent produire des toxines dans les grains, notamment le DON, une substance à risque pour l’être humain (elle peut provoquer vomissements et diarrhées). La maladie touche à la fois la quantité et la qualité de la récolte. Les pertes de rendement peuvent dépasser 20 quintaux par hectare.

Plusieurs produits phytopharmaceutiques peuvent être utilisés pour maîtriser les fusarioses. Néanmoins, leur niveau d’efficacité ne dépasse généralement pas 50 à 60 %, et seulement lorsque les conditions d’application sont réellement favorables.

DE NOUVEAUX OUTILS COMPLÉMENTAIRES POUR RÉPONDRE AUX ENJEUX DE PRODUCTIVITÉ, DE QUALITÉ SANITAIRE ET DE LIMITATION DE L'USAGE DES INTRANTS

Les nouvelles technologies aident aujourd’hui à produire du blé de façon plus économe et mieux adaptée au climat.

  • La robotique permet de traiter uniquement les zones où il y a des mauvaises herbes. Par exemple, si seulement 15 % d’un champ en contient, on peut réduire de 85 % l’utilisation d’herbicides.
  • Les modèles météo et les outils de prévision aident à mieux connaître les phases de croissance du blé, ou encore les périodes d’apparition des maladies et des insectes. Ils permettent ainsi d’ajuster les pratiques agricoles au moment le plus opportun.
  • Les nouvelles techniques génomiques (NTG) permettent de créer des variétés de blé plus résistantes au manque d’eau, aux maladies, aux virus ou à certains ravageurs. Ces techniques sont prometteuses, mais leur utilisation dépend encore de décisions européennes à venir.

Aujourd’hui, chaque producteur céréalier a bien conscience du caractère stratégique de son activité pour la souveraineté alimentaire française. Il est donc hors de question de se retrouver dans des impasses alors même que les contraintes réglementaires, climatiques, sanitaires sont de plus en plus fortes. L’approche combinant phytopharmacie, agronomie digitale, bioprotection, etc., permet de répondre à cet enjeu majeur.

Rémi, cultivateur Beauceron

Fiche rédigée en collaboration avec la filière céréalière française