FILIÈRE HORTICULTURE
FICHE CULTURE
La filière horticulture - icone

PRODUCTIONS HORTICOLES : PRÉSERVER LA QUALITÉ DES CULTURES FACE À LA PRESSION SANITAIRE

La filière horticole française se distingue par la grande diversité de ses métiers, de ses services et de ses produits. Elle s’articule autour de quatre grands segments de marché, chacun doté de ses propres spécificités et circuits de distribution : les fleurs et feuillages coupés (dont les rameaux décoratifs), les plantes en pot et à massif (potées fleuries et plantes vertes), les végétaux de pépinière (arbres et arbustes) et les bulbes à fleurs.

Au-delà de cette diversité, l’horticulture française occupe une place économique de premier plan dans nos territoires. En matière de production, elle regroupait ainsi en 2023, selon l’Observatoire structurel des entreprises, 2 741 entreprises et 15 545 emplois.

PRODUCTION FRANÇAISE (2024)

182,8 millions
FLEURS COUPÉES
182,8 millions
309,7 millions
PLANTES EN POT ET À MASSIF
309,7 millions

de plantes

119,4 millions
PLANTS
119,4 millions

(boutures et jeunes plants non ligneux d’horticulture ornementale)

103,3 millions
PLANTES DE PÉPINIÈRES, ARBRES, ARBUSTES
103,3 millions

SURFACE & BALANCE COMMERCIALE

16 199 hectares
SURFACE DE PRODUCTION HORTICOLE ET PÉPINIÈRES ORNEMENTALES
16 199 hectares

(2023)

287 616 tonnes
IMPORTATIONS
287 616 tonnes
43 597 tonnes
EXPORTATIONS
43 597 tonnes

DES PRODUCTIONS HORTICOLES EXPOSÉES À DE NOMBREUX BIOAGRESSEURS

1. Les thrips, des insectes redoutés en fleurs coupées et en horticulture florale sous serre

Ces insectes provoquent des déformations, piqûres et décolorations sur les fleurs et jeunes feuilles. Leur capacité à se reproduire rapidement sous serre, ainsi que leur mobilité rend leur contrôle difficile.

Les solutions les plus efficaces reposent sur l’usage de produits phytopharmaceutiques à pénétration foliaire, mais certains d’entre eux viennent d’être retirés du marché. Cela complique la gestion de ces ravageurs à tous les stades de leur développement et accroît le risque d’apparition de résistances.

2. Les pucerons, une menace omniprésente dans toute la filière de production

Les pucerons se développent rapidement sous serre. Ils affaiblissent les plantes, peuvent transmettre des virus et induire des déformations. Leur présence impacte directement l’aspect esthétique des feuilles, contribue à la formation de fumagine (moisissures noires dues à diverses espèces de champignons), et diminue le rendement en fleurs coupées.

Comme pour les thrips, la suppression de certains produits phytopharmaceutiques rend la lutte contre les pucerons plus difficile. Ces produits pouvaient circuler dans la plante et atteindre les pucerons même lorsqu’ils étaient cachés. Aujourd’hui, la plupart des solutions agissent seulement au contact direct, ce qui complique les traitements et les rend moins efficaces lorsque les pucerons sont dissimulés dans la plante.

Zoom sur le puceron du chrysanthème, un ravageur difficile à contrôler. Le puceron du chrysanthème résiste à l’un des derniers aphicides encore autorisés. Les insectes dits « auxiliaires » naturels ou introduits le contrôlent difficilement, car il leur échappe en se laissant tomber au sol.

3. L’oïdium, une pression sanitaire majeure en serre

Ce champignon forme un feutrage blanc, déforme les tissus, diminue les rendements, et déprécie la valeur commerciale des fleurs ou du feuillage. Les conditions confinées favorisent son installation rapide.

Quand la maladie est très présente, même les fongicides spécialisés peuvent perdre de leur efficacité. On dispose encore de produits phytopharmaceutiques pour prévenir son apparition ou réduire sa présence. Toutefois, il n’y a presque plus de solutions capables de l’éliminer complètement, à part le soufre, dont les conditions d’utilisation peuvent être contraignantes.

VERS LE DÉVELOPPEMENT DE STRATÉGIES COMBINANT DIFFÉRENTS MODES DE PROTECTION

Ces stratégies sont développées par les filières horticoles, appuyées par les instituts techniques et en particulier ASTREDHOR (Institut des professionnels du végétal).

  • La lutte contre les thrips évolue vers la mise en œuvre de solutions combinant prévention, innovation et accompagnement des professionnels. Les travaux actuels portent sur de nouveaux outils comme l’utilisation des odeurs pour perturber le ravageur et une meilleure efficacité des insectes auxiliaires, tout en cherchant à réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques (Projet Trans’Thrips, Programme HEALTHI 2 (stratégie « push-pull »), Programme HORTICHAUD).
  • La lutte contre les pucerons évolue vers des stratégies complexes, basées sur des pratiques agroécologiques. La détection précoce deviendra un pilier essentiel, notamment grâce aux plantes de service et à des aménagements favorables aux auxiliaires. Le biocontrôle, notamment à base de champignons entomopathogènes, prendra progressivement une place croissante dans les programmes de protection intégrée.
  • Pour l’oïdium, la priorité reste la prévention afin de limiter l’installation du champignon. Une bonne aération des cultures, une vigueur maîtrisée et des solutions naturelles permettent de réduire le recours aux fongicides, qui restent utilisés en appui uniquement lorsque cela est nécessaire (Projet ROS’APHID et Projet MAPUCE).

La production horticole française se distingue par la diversité de ses métiers et l’exigence de qualité de ses végétaux. Confrontés à une pression sanitaire croissante et à la réduction des solutions disponibles, les producteurs doivent faire évoluer leurs itinéraires techniques. Les professionnels de la filière via VALHOR, son interprofession, ses fédérations adhérentes et ASTREDHOR, son institut technique, s’engagent collectivement dans une protection des cultures raisonnée, fondée sur l’innovation, la prévention et la recherche appliquée, pour construire des réponses durables, économiquement viables et adaptées aux réalités de production.

Arnaud CROSNIER, Vice-président de VALHOR

Fiche rédigée en collaboration avec VALHOR et l'institut Astredhor