FILIÈRE POMMES
FICHE CULTURE
La filière pomme - icone

LA POMME FRANÇAISE FACE AU DÉFI DE LA COMPÉTITIVITÉ

Emblématique du savoir-faire agricole français, la pomme est le fruit préféré des Français avec en moyenne un panier de 17,1 kg acheté par an et par foyer.

Toutefois, la filière pommes est fragile. Ces dernières années, elle est confrontée à plusieurs défis majeurs pouvant remettre en cause sa capacité à exporter et même, à terme, son aptitude à approvisionner les consommateurs français : enchaînement d’aléas climatiques (sécheresse, gels tardifs, forte pluviométrie), renforcement de la présence de certains ravageurs et/ou apparition de nouveaux.

PRODUCTION (2025)

1,505 million de tonnes
PRODUCTION FRANÇAISE
1,505 million de tonnes
37 459 hectares
SURFACE NATIONALE
37 459 hectares

BALANCE COMMERCIALE (d'avril 2024 à mars 2025)

145 731 tonnes
IMPORTATIONS
145 731 tonnes
323 620 tonnes
EXPORTATIONS
323 620 tonnes

FACE AUX BIOAGRESSEURS, DE MOINS EN MOINS DE SOLUTIONS VRAIMENT EFFICACES

Alors que les arboriculteurs français travaillent dans un cadre juridique européen, ils ont paradoxalement accès à moins de solutions que leurs principaux concurrents italiens, polonais et espagnols ; ce qui remet en cause leur capacité à lutter contre maladies et ravageurs.

1. Le puceron cendré, ravageur très présent en 2025, notamment dans le Sud-Ouest

Le puceron cendré pique les jeunes feuilles, qui s’enroulent alors sur elles-mêmes, ralentissant ainsi la croissance de l’arbre. Il peut aussi attaquer les fruits, qui deviennent bosselés et impossibles à vendre.

Depuis début 2026, un insecticide efficace contre le puceron cendré n’est plus autorisé en France. Alors que les arboriculteurs européens peuvent traiter jusqu’à 17 fois par an contre ce ravageur, les producteurs français sont limités à 5 interventions. Deux autres insecticides de la famille des néonicotinoïdes pourraient s’y substituer. Mais en France, ils sont interdits depuis 2018.

2. La punaise diabolique, ravageur émergent aux dégâts pour l’instant limités

Originaire d’Asie, la punaise diabolique est très invasive, mais ses dégâts sont encore limités en France.

Quelques moyens de lutte existent : piégeage, filets pour empêcher les punaises d’entrer dans les vergers, traitements en début d’infestation. Leurs effets restent cependant limités ou leurs coûts trop importants. Des solutions de biocontrôle sont prometteuses mais celles-ci ne sont pas encore disponibles pour les producteurs. De même, les insectes dits « auxiliaires », prédateurs de la punaise diabolique et déjà employés dans d’autres pays européens, ne sont toujours pas autorisés en France.

3. La tavelure, maladie fongique du pommier : une présence contrôlée en 2025

Cette maladie entraîne des déformations et parfois une chute prématurée des fruits. Les pertes peuvent aller jusqu’à 70 %, et les fruits abîmés perdent fortement leur valeur commerciale à cause de leur aspect.

Aujourd’hui, deux produits existent pour contrôler la maladie. Mais l’un d’eux pourrait bientôt être soumis à des conditions d’utilisation impossibles à respecter ; ce qui laisserait une seule option pour protéger efficacement les vergers.

LA FILIÈRE POMME MET EN ŒUVRE DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES UNE COMBINAISON DE SOLUTIONS

  • Plusieurs actions clefs de prévention, comme le broyage des feuilles mortes à l’automne, permettent de limiter la propagation des maladies fongiques.
  • La confusion sexuelle permet de lutter contre certains ravageurs (ex : carpocapses et zeuzères).
  • L’installation de filets pour protéger les vergers permet d’obtenir de bons résultats contre les insectes ravageurs mais représente un investissement important.
  • Les insectes auxiliaires sont un atout pour les arboriculteurs. Leur présence peut être favorisée par des bandes fleuries ou directement par des lâchers. Mais leur utilisation massive se heurte encore à des difficultés techniques.

Aujourd’hui, la recherche publique est essentiellement tournée vers des solutions de biocontrôle. Celles-ci offrent des perspectives intéressantes mais nécessitent du temps pour être mises au point et utilisables à large échelle. À court terme, les arboriculteurs ont donc besoin de solutions.

Les producteurs français de pommes travaillent dans un cadre de production parmi les plus exigeants d’Europe, avec des contraintes réglementaires et environnementales bien plus strictes que celles de nos voisins. Cette rigueur, qui fait la qualité et la sécurité de nos fruits, nous place aussi en situation de faiblesse par rapport à nos concurrents. Nos vergers restent engagés dans la transition écologique, mais sans sécurisation de solutions efficaces, nous ne pourrons ni atteindre notre plein potentiel de production, ni rivaliser à armes égales avec le reste de l’Union européenne.

Pierre VENTEAU, Directeur de l’Association Nationale Pommes Poires

Fiche rédigée en collaboration avec l'Association Nationale Pommes Poires (ANPP)