Le charançon de la betterave
Le charançon de la betterave, Lixus juncii, est l’un des ravageurs redoutés des cultures de betteraves. En perforant les plantes pour s’alimenter et pondre, il peut affaiblir la culture tout au long de la saison.
Le charançon de la betterave est un coléoptère de la famille des Curculionidae. Polyphage, il se nourrit notamment des plantes de la famille des Amaranthacées, comme la betterave. Ainsi, ses attaques provoquent des dégâts susceptibles de perturber la croissance normale de la culture.
Son activité dépend en partie des conditions environnementales, notamment de la température, qui influence sa présence et son développement. Selon l’intensité de l’infestation, les effets peuvent se limiter à un affaiblissement des plantes ou entraîner des conséquences plus marquées sur la production.
La surveillance des parcelles est donc essentielle pour détecter précocement les attaques et déployer une stratégie de lutte combinatoire.
Le cycle biologique du charançon de la betterave
Lixus juncii, passe par plusieurs stades de développement : l’œuf, trois stades larvaires, la nymphe et enfin le stade adulte. Généralement, son développement suit un cycle annuel.
Les adultes colonisent les parcelles de betteraves au printemps, le plus souvent entre la fin du mois d’avril et début mai.
Après l’accouplement, les femelles pondent leurs œufs un par un dans les pétioles, en creusant une petite cavité à l’aide de leur rostre. La ponte débute sur des betteraves encore jeunes, dès le stade 4 à 6 feuilles.
Une fois les œufs éclos, les larves se développent à l’intérieur de la plante. Elles passent par trois stades larvaires, durant lesquels elles creusent des galeries dans les pétioles, et parfois jusque dans la racine. La transformation en nymphe a aussi lieu dans les tissus de la betterave.
En moyenne, 60 jours sont nécessaires pour passer du stade œuf au stade adulte. Les nouveaux adultes apparaissent généralement en juillet, mais ne se reproduisent pas immédiatement. Ils quittent ensuite les parcelles pour hiverner avant de reprendre leur activité au printemps suivant.
Ainsi, en France, l’espèce réalise en général une seule génération par an.
© ITB – Le charançon de la betterave, petit mais redoutable pour les cultures.
La nuisibilité du charançon de la betterave
La nuisibilité de Lixus Juncii est principalement liée à l’activité des larves.
Les trous de ponte observés sur les pétioles permettent de repérer la présence du ravageur dans la parcelle. Mais ils causent, à eux seuls, peu de dommages. Les dégâts les plus importants apparaissent ensuite : lorsque les larves creusent des galeries à l’intérieur des tissus de la plante.
Ces galeries peuvent rester limitées aux pétioles ou s’étendre jusqu’à la racine. Elles fragilisent alors les tissus et altèrent le bon état de la betterave.
Lorsque la pression de ce ravageur est forte, une même plante peut présenter de nombreux trous de ponte. C’est signe d’une infestation importante.
© ITB – Le charançon de la betterave
Stratégie de protection combinatoire contre le charançon de la betterave
La gestion du charançon de la betterave repose sur une combinaison de leviers complémentaires.
Comme les larves se développent à l’intérieur des tissus végétaux, elles échappent rapidement aux moyens d’actions directs. La stratégie consiste donc à intervenir surtout en amont : suivi de l’arrivée des adultes et limitation au maximum de l’installation du ravageur dans la parcelle.
Surveillance des parcelles
- La protection commence par un suivi régulier des parcelles au printemps, au moment où les adultes colonisent les betteraves.
- L’utilisation d’outils comme les cartes d’observation et les modèles fondés sur les températures permet d’identifier les périodes favorables à l’arrivée de Lixus Juncii. Le positionnement des interventions en est ainsi amélioré.
Intervention ciblée sur les adultes
- Les traitements ne peuvent être efficaces que sur les adultes présents avant ou au moment des premières pontes. Une fois les œufs déposés et les larves engagées dans les tissus, leur efficacité devient très limitée.
- L’objectif est donc de viser la période où les adultes sont actifs dans la parcelle. Tout en tenant compte du fait que leur arrivée peut être altérée dans le temps.
Valorisation de la régulation biologique
Le charançon de la betterave n’échappe pas totalement à la régulation naturelle. En effet, des prédateurs et des parasitoïdes peuvent l’attaquer à différents stades de son cycle. Ils contribuent ainsi à freiner naturellement le développement des populations.
Les perspectives horizon 2030 contre le charançon de la betterave
- Certaines pratiques culturales peuvent contribuer à réduire les conséquences de l’attaque. C’est le cas en particulier lorsque les dégâts larvaires favorisent ensuite l’installation de pourritures dans la racine.
- Parmi les pistes étudiées, l’irrigation semble pouvoir influencer le déroulement du développement larvaire. Il pourrait limiter, dans certaines situations, la progression vers la racine.