La mouche de la betterave
La mouche de la betterave, appelée aussi pégomyie de la betterave, est un ravageur ancien et bien connu des producteurs. S’il ne fait pas partie des plus redoutés, il peut causer des dégâts importants sur les plantules.
Historiquement plus présente dans l’Ouest de la France, la pégomyie de la betterave (Pegomya betae), est désormais observée dans l’ensemble des régions de production. Elle est surtout surveillée au printemps et en début d’été, période où les jeunes betteraves sont les plus sensibles.
Ses attaques peuvent entraîner une dégradation du feuillage et ralentir le développement des betteraves en cas de forte infestation. De ce fait, la gestion de la pégomyie repose principalement sur la surveillance régulière des cultures et l’identification précoce des premiers foyers.
Le cycle biologique de la mouche de la betterave
La pégomyie de la betterave (Pegomya betae) passe l’hiver sous forme de pupes enfouies dans le sol. Généralement, elles se trouvent à quelques centimètres de profondeur, dans les anciennes parcelles de betteraves ou à proximité.
À la sortie de l’hiver, lorsque les températures remontent durablement, la métamorphose s’achève. Les adultes émergent alors du sol entre fin avril et début mai, avec une intensité variable selon les régions et les conditions climatiques.
Ainsi, les printemps doux, secs et ensoleillés accélèrent les émergences et favorisent les vols, tandis que les périodes froides ou humides les ralentissent.
L’adulte mesure 6 à 7 mm et ressemble à une petite mouche domestique. Son corps, gris brunâtre à rougeâtre, porte des soies. Ses ailes sont également transparentes et membraneuses.
Entre mai et mi-juin, les femelles pondent sur la face inférieure des feuilles. Les œufs sont blancs et déposés en petits groupes.
Les larves issues des œufs pénètrent rapidement dans le feuillage et creusent des galeries translucides aux contours irréguliers. En fin de développement, elles prennent la forme d’asticots de 7 à 8 mm, avant de se transformer en pupes dans le sol.
Plusieurs générations peuvent se succéder entre le printemps et la fin de l’été. De ce fait, les populations évoluent rapidement en parcelle.
© ITB – Larve de pégomyie, ravageur des feuilles de betterave sucrière.
La nuisibilité du phytopte de la mouche de la betterave
Les larves issues de la première génération sont les plus dommageables. Elles s’introduisent dans les feuilles, entre les deux épidermes, et consomment une partie des tissus impliqués dans la photosynthèse. En se déplaçant, elles forment des galeries visibles sous forme de tracés sinueux blanchâtres.
À terme, ces attaques entraînent progressivement un dessèchement du feuillage, qui brunit, se fragilise et finit par se perforer.
La betterave est particulièrement vulnérable entre le stade 2 et 4 feuilles. Selon l’intensité des infestations, les dégâts peuvent aller jusqu’à la perte de certaines plantules.
À l’inverse, les larves de deuxième génération causent généralement des dommages plus limités. Elles se développent en effet sur des plantes dont le feuillage est déjà plus avancé et tolérant.
© ITB – Oeufs de pegomyie
Stratégie de protection combinatoire contre la mouche de la betterave
La gestion combinatoire de la pégomyie de la betterave associe des leviers agronomiques, biologiques et chimiques. Elle vise à réduire les infestations tout en sécurisant l’efficacité des interventions.
Cette approche suppose toutefois une observation régulière de la culture dès les premiers stades. En effet, les larves sont protégées à l’intérieur des feuilles. Plusieurs générations peuvent aussi se succéder au cours de la saison.
La stratégie repose donc sur une surveillance précoce. Elle s’appuie sur l’observation des pontes, des premières galeries et des larves vivantes.
Surveillance des parcelles et des stades précoces
- Le suivi des pontes et l’observation des premières galeries permettent de détecter rapidement les infestations. Grâce à cette détection précoce, il devient possible d’intervenir au stade jeune larvaire, le plus sensible.
- Les traitements sont déclenchés uniquement lorsque 10 % des plantes sont touchées au printemps, et 50 % à la couverture. Cette approche permet ainsi de concentrer les interventions sur les périodes réellement à risque.
Régulations biologiques et la biodiversité fonctionnelle
Les auxiliaires, comme les parasitoïdes et les prédateurs généralistes, participent à la régulation naturelle des populations. Pour favoriser leur présence, le maintien de zones favorables à la biodiversité peut être encouragé. Leur efficacité reste toutefois variable selon le contexte paysager.
Lutte chimique en dernier recours
En cas de dépassement des seuils, des insecticides peuvent être utilisés. L’efficacité est maximale sur jeunes larves, avant leur protection dans les tissus foliaires.