COLZA : UNE CULTURE AU CŒUR DE LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE NATIONALE
Cultivé sur l’ensemble du territoire, le colza est une culture stratégique pour la souveraineté en huiles et en protéines végétales : ses graines alimentent la production d’huile (dont biocarburants) et de tourteaux riches en protéines pour l’élevage.
Dans les bassins où les automnes deviennent plus secs et plus irréguliers, l’implantation est l’un des points critiques. Obtenir un colza vigoureux avant l’hiver est aussi un prérequis pour mieux résister aux ravageurs d’automne (altise d’hiver et charançon du bourgeon terminal).
PRODUCTION (2025)
soit une baisse de 2,4 % sur un an
(contre 29,1 q/ha en 2024)
VALORISATION & IMPORTATIONS
permet de produire 560 kg de tourteaux riches en protéines et 420 kg d’huile
LE COLZA, UNE CULTURE COMPLEXE À PROTÉGER, SUJETTE À DE NOMBREUX BIOAGRESSEURS ET MALADIES
1. Un impératif à l’automne : sécuriser l’implantation du colza (et la vigueur de sortie d’hiver)
Les attaques d’altises (sous-famille d’insectes sauteurs de l’ordre des coléoptères) et du charançon du bourgeon terminal (insecte coléoptère) peuvent freiner le bon démarrage du colza. Le risque est plus élevé quand la croissance d’automne est lente : les larves s’installent à l’automne et affaiblissent la plante, ce qui se traduit souvent par une moindre vigueur du colza après l’hiver.
L’enjeu est d’installer un colza vigoureux. Les plantes compagnes (légumineuses gélives) peuvent atténuer la pression des adventices et ravageurs, et apportent des bénéfices en termes de fertilisation naturelle.
Terres Inovia observe moins de larves par plante quand la biomasse du couvert atteint environ 300–500 g/m² à l’entrée de l’hiver. En revanche, ce levier ne suffit pas en cas de forte infestation. Selon les années, des gains de rendement de 0 à 6 q/ha sont rapportés, à condition de bien gérer le couvert en sortie d’hiver.
2. Le vulpin et le ray-grass, des mauvaises herbes (adventices) qui font concurrence au colza pour l’azote dès le semis
En cas de forte infestation, vulpin et ray-grass concurrencent le colza (eau, azote, lumière) et pénalisent le rendement. Le problème est aggravé par la fréquence des résistances aux herbicides dans plusieurs régions.
La stratégie repose d’abord sur la rotation et l’anticipation : diversifier les cultures et les dates de semis, pratiquer des faux-semis, et mobiliser le désherbage mécanique quand c’est possible.
3. Maladies de tiges : un risque clé pour le colza à anticiper
Le sclérotinia a été longtemps la maladie la plus problématique pour le colza. Il peut causer de fortes pertes de rendements. Aujourd’hui, il se gère grâce aux variétés tolérantes et une rotation adaptée.
Le phoma est, quant à lui, une maladie redoutée par les producteurs. S’il atteint la base de la tige, il fragilise les plantes et peut, dans les cas graves, provoquer des pertes importantes. Pour le phoma, le choix de variétés résistantes est le levier principal, et si nécessaire, un traitement raisonné. Des solutions de biocontrôle existent, mais leur efficacité reste partielle et dépend des conditions de l’année.
LE COLZA DE DEMAIN : UNE COMBINAISON DE LEVIERS POUR SÉCURISER LA PRODUCTION
La protection du colza repose aujourd’hui sur une approche globale. L’objectif est d’abord de limiter les risques grâce aux pratiques agricoles (rotation des cultures, choix des variétés, qualité de l’implantation), puis de réserver les traitements chimiques aux situations où ils sont réellement nécessaires, en s’appuyant sur la surveillance des cultures.
Concrètement, les agriculteurs combinent plusieurs leviers : assurer un bon démarrage du colza à l’automne, diversifier les systèmes de culture, et raisonner les interventions pour intervenir au bon moment et préserver l’efficacité des solutions disponibles.
À l’horizon 2030, la filière fait face à un double enjeu. D’un côté, la réduction de l’usage des produits phytosanitaires est un objectif affirmé des politiques publiques. De l’autre, le colza joue un rôle stratégique pour la souveraineté en protéines végétales, notamment à travers les tourteaux utilisés en alimentation animale.
Dans ce contexte, l’innovation (nouvelles variétés, solutions de biocontrôle, outils d’aide à la décision) est essentielle pour concilier performance économique et transition agricole.
Le colza est aujourd’hui à la croisée des chemins : entre les attentes de la société pour une agriculture plus durable et les impératifs de souveraineté en huiles et protéines végétales. Seule une approche combinatoire — pratiques agronomiques, génétique, biocontrôle et solutions phytopharmaceutiques raisonnées — permettra de maintenir cette filière stratégique pour la France.
Terres Inovia
Les bioagresseurs relatifs à la FILIÈRE COLZA
Le colza est une culture emblématique des grandes plaines agricoles françaises, particulièrement prisée pour sa grande polyvalence : production d’huile, alimentation animale, ou encore fabrication de biocarburants.
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Le ray grass et le vulpin sont considérés comme les adventices les plus redoutées par les agriculteurs, particulièrement dans les cultures de blé tendre, d'orge d'hiver et de colza.
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La culture du colza fait aujourd'hui face à une pression grandissante exercée par un insecte ravageur redoutable : le charançon du bourgeon terminal du colza. Avec le changement climatique, l'installation précoce de ce nuisible est favorisée, exigeant de la part des agriculteurs une surveillance accrue ainsi qu'une gestion agronomique parfaitement adaptée.
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