Prévention des risques phytos : les étudiants de l’Institut de Genech en immersion
À l’Institut de Genech, dans le Nord, 120 étudiants, aux côtés d’agriculteurs et de conseillers, ont participé à une demi-journée d’ateliers consacrée à la prévention des risques phytos. Une initiative du Contrat de Solutions pour favoriser les échanges entre futurs professionnels et acteurs de terrain.
Le 22 novembre, l’Institut de Genech a accueilli la première demi-journée de travaux pratiques « Ensemble pour la prévention des risques phytos ». Organisée par le Contrat de Solutions, cette opération a réuni 120 étudiants en BTS et Bac Pro, ainsi qu’une cinquantaine d’agriculteurs, conseillers et animateurs de terrain autour de sept ateliers interactifs.
Les participants ont découvert les nouveaux équipements de protection individuelle (EPI), assisté à des démonstrations de leur efficacité et échangé sur les bonnes pratiques de prévention. Tous ont souligné l’intérêt d’une approche globale de la gestion des risques phytosanitaires à l’échelle de l’exploitation agricole. L’Institut de Genech, situé près de Lille, accueille plus de 2 000 élèves, du lycée à la licence.

Présentation des nouveaux EPI selon les usages par David Beck, direction commerciale PB Securama.
La prévention des risques phytos, un enjeu intergénérationnel
Au-delà de la piqûre de rappel sur les bons gestes à adopter lors de la manipulation des produits phytopharmaceutiques, Julien Durand-Réville, responsable santé et agronomie digitale Phyteis, souligne l’intérêt de faire participer différentes générations. « Les jeunes étaient dans une posture de curiosité, sans a priori, les professionnels sortaient de leur cadre, demandant des informations précises, témoigne-t-il. Une telle approche en ateliers interactifs favorise les échanges et le transfert de connaissances ».
Animateur de l’atelier Escape game avec Claire Daras de la Fédération du négoce agricole, il prend pour exemple l’une des étapes du jeu avec la reconnaissance des pictos figurant sur l’étiquette des produits : « Se plonger dans les étiquettes pour la première fois, c’est complexe pour les étudiants. Les agriculteurs de leur équipe les ont aidés à décrypter les mentions et à réussir l’épreuve ».

Les points d’impacts du liquide fluorescent révèlent sous la lampe UV les sources de contaminations à partir des mains gantées.
Du concret et du visuel pour marquer les esprits !
Autre centre d’intérêt, l’atelier fluo qui révèle dans le noir les points de contamination d’un liquide florescent sur les gants. « Cette expérience marque bien l’esprit, a souligné Octave Duval, étudiant en BTS agronomie et productions végétales. Toujours dans la veine de la réduction de l’exposition des applicateurs, il note le côté pratique et sécuritaire du système de transfert fermé des produits phytosanitaires easyconnect vers le pulvérisateur : « C’est assez révolutionnaire ».
Thibault Sosson et Corentin Mullier, étudiants dans la même section de BTS, ont aussi retenu les cinq règles d’or de Monsieur sécurité, une animation proposée par Isabelle Delpuech de Syngenta : « Lire l’étiquette, porter des EPI, respecter les mesures d’hygiène, régler le matériel et rester vigilant ».

Octave Duval, BTS Agronomie et productions végétales : « La journée nous rappelle tous les points de prévention. Le niveau est exigeant, il faut en faire le maximum. »

Paul Bouley, BTS Agronomie et production végétale : « L’atelier Adivalor apporte une vision globale de la filière de récupération des emballages phytos. J’ai appris qu’on recyclait les bidons pour fabriquer par exemple des tuyaux. »

Escape game, animé par Julien Durand-Réville de Phyteis et Claire Daras de FNA.

Table ronde introductive aux ateliers pour rappeler les enjeux de la prévention des risques phytos avec les représentants de l’administration, de la MSA et un agriculteur témoin.
Partage d’expérience entre pairs en relai des messages réguliers
Ces réflexes, Arnaud Poulain, agriculteur et conseiller Groupama, estime les avoir bien en tête et les mettre en œuvre, il recherche plutôt avec cette journée « des outils clés pour faire de la pédagogie auprès des agriculteurs ». Des dispositifs complémentaires de sensibilisation des agriculteurs, c’est aussi ce qui intéresse Suzanne Delobel, conseillère réglementation pour Agri2r. Le partage d’expérience entre pairs reste pour Edith Dumetz, conseillère en prévention MSA, un des piliers de la sensibilisation aux risques phytos, notamment auprès des jeunes, en relai des opérations de sensibilisation.
« La prévention est un travail de longue haleine où il faut répéter en permanence les messages communs pour que les professionnels et futurs professionnels s’y retrouvent et se les approprient afin de les mettre en pratique sur leurs
exploitations », conclut Clotilde Bois-Marchand.
« Ces ateliers sont un moyen de nous remémorer de nombreux points de sécurité pour bien se protéger », Corentin Mullier et Thibault Sosson, BTS Agronomie et productions végétales

Corentin Mullier (à gauche) et Thibault Sosson, en BTS agronomie et productions végétales à l’Institut Genech.
« Voir l’évolution des EPI, leur confort, le progrès dans la protection individuelle nous a intéressés. Nous avons noté par exemple la facilité pour retirer les gants. Quant à la démonstration avec le liquide fluorescent pour visualiser les sources de contaminations, elle complète bien les explications sur la protection qu’apportent les EPI. Quand on a du produit phyto sur les gants, on peut en mettre partout !
À l’atelier organisé par la MSA, l’outil interactif pour organiser son local phytosanitaire donne des conseils pratiques. Il rappelle des points de sécurité comme par exemple placer l’extincteur à l’extérieur, près de la porte et non à l’intérieur. Nous retenons aussi le dispositif easyconnect pour vidanger les bidons et les explications sur le recyclage par Adivalor ».

Innovant, le dispositif easyconnect a suscité de nombreuses questions, notamment sur les conséquences de la généralisation progressive des bouchons. Christopher Sénéchal de Syngenta a clarifié : « Cela ne change rien pour ceux qui n’auront pas le connecteur. »