A.D.I.VALOR 25 ans après : le pari réussi des industriels de la protection des cultures

La genèse d’ADIVALOR ? Une démarche collective et volontaire née d’une conviction : les emballages vides de produits phytopharmaceutiques doivent devenir une ressource plutôt qu’un problème. Le modèle est désormais exemplaire en Europe.

 

4 juillet 2001. ADIVALOR voit le jour. Le projet est inédit en Europe ! Agriculteurs, distributeurs et industriels décident d’organiser à l’échelle de la France, la gestion des déchets issus de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques : emballages vides et produits non utilisables. Vingt-cinq ans plus tard, l’éco-organisme s’impose comme exemplaire. De plus, il étend son périmètre avec 25 flux de déchets plastiques et de cartons à gérer. Et affiche deux chiffres forts pour les emballages : 89 % de taux de collecte, 96 % de recyclé sur le gisement collecté. Mais, derrière ces résultats, ses responsables retiennent surtout une action qui continue de traverser les générations en conservant les mêmes valeurs. « La force du collectif est dans l’ADN d’ADIVALOR, souligne Christophe Grison, président de l’éco-organisme depuis 2020. Avec nos résultats nous prouvons la performance de notre filière. » 

Au départ, rien n’est véritablement structuré. D’ailleurs, Christophe Grison se souvient bien des débuts de l’aventure. « Après les traitements au champ, les agriculteurs ne savaient que faire des emballages de produits phytosanitaires, raconte-t-il. À l’époque, les anecdotes sur leur réemploi fleurissaient, il fallait agir. » Justement, certains découpaient même les bidons pour y mettre des fleurs… Et que faire des produits périmés dont le gisement grossissait d’année en année ? « Mais surtout, une priorité s’imposait : éviter que ces emballages ne soient ni brûlés ni enterrés », ajoute-t-il.

L’industrie de la protection des cultures à l’origine d’ADIVALOR

Le coup d’envoi vient alors du secteur de la protection des cultures. L’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), devenue Phyteis en 2021, prend rapidement le dossier à bras-le-corps. Sous la présidence de Bernard Charlot, elle engage la démarche. Les industriels choisissent de s’emparer du sujet avant qu’une réglementation ne leur soit imposée. « Les pouvoirs publics commençaient à durcir les règles sur les déchets dangereux. En effet, les produits phytosanitaires étaient déjà soumis à la Taxe générale sur les activités polluantes », rappelle Ronan Vigouroux, en charge de l’environnement chez Phyteis.

La distribution agricole, les syndicats agricoles et les chambres d’agriculture encouragent la démarche. Le syndicat agricole majoritaire et les Chambres d’agriculture menaient en parallèle l’opération Fermes propres. Très vite, ils expriment le souhait d’entrer dans la gouvernance d’ADIVALOR. En fait, la structuration de la filière débute réellement le 12 avril 2001 avec la création de COVADA. Cette entité assure le financement du futur dispositif en recueillant les contributions des industriels. En quelque sorte, COVADA a préparé le lancement opérationnel d’ADIVALOR quatre mois plus tard.

Albert Baudrin, président de l’Union des coopératives agricoles d’approvisionnement UNCAA, ex-InVivo, devient également celui d’ADIVALOR. Pierre de Lépinau en assure la direction.

Le volontariat, la base du fonctionnement d’ADIVALOR

ADIVALOR réunit ainsi des industriels, des coopératives, des négociants, des syndicats d’agriculteurs, des recycleurs et des fabricants d’emballages. L’implication de ces précurseurs est volontaire et pro-active. Le principal financement de l’organisme provient de l’écocontribution. Au lancement de la filière, il représentait 100 % du budget.

Ensuite, la filière d’élimination des emballages vides phytosanitaires se construit en deux étapes. Rapidement, l’équipe d’ADIVALOR lance le programme de collecte des bidons vides. Avec ses partenaires sur le terrain, elle mène des actions de sensibilisation au nettoyage, au rinçage et au stockage. Cependant, pour rendre le recyclage réellement efficace, les acteurs de la filière développent des systèmes de rinçage adaptés. « De leur côté, les entreprises de protection des plantes standardisent la fabrication des emballages, notamment en harmonisant le diamètre des goulots des bidons. La France devient le pays pilote en Europe », témoigne Frank Garnier, président de l’UIPP entre 2003 et 2005 puis de 2013 à 2015.

Ainsi, dès la première année, les distributeurs agricoles, avec l’aide des chambres d’agriculture, collectent 600 tonnes.

Puis, en 2003, ADIVALOR s’attaque au difficile dossier des produits phytopharmaceutiques non utilisables (PPNU). L’élimination de ces produits périmés se concrétise à travers la signature, le 1er octobre 2003, d’un premier accord-cadre avec le ministère chargé de l’Écologie. Ce dernier devient la caution publique du dispositif. « Cet accord a été vraiment marquant car les relations du ministère de l’Écologie avec la profession agricole étaient tendues », estime Pierre de Lépinau.

Cette même année, chaque fabricant adhérent de l’UIPP appose le pictogramme ADIVALOR sur l’étiquette de ses produits. Une manière de signifier clairement son engagement et de garantir la reprise de ses emballages lors des collectes.

Montée en puissance rapide de la collecte des emballages dès 2003

Le succès est au rendez-vous, le recyclage des bidons démarre en 2005. Dans l’édito du rapport d’activité 2005 d’ADIVALOR, Albert Baudrin salue avec fierté son originalité. Mais surtout, il insiste sur la rapide montée en puissance. « Les acteurs peuvent mesurer le chemin parcouru, écrit-il. En 2005, les performances atteignent les objectifs fixés avec les pouvoirs publics. Plus de 40 % des emballages vides de produits phytosanitaires mis sur le marché sont collectés. Par ailleurs, 6 750 tonnes de stocks historiques de produits non utilisables sont éliminées. Ce volume représente plus de 60 % du gisement ciblé. » D’ailleurs, de 2003 à 2007, des opérations ponctuelles se déroulent dans tous les départements afin de collecter des produits datant parfois du début du 19e siècle. Puis, en 2007, le programme PPNU se transforme pour assurer la collecte des produits non utilisables récemment générés.

Depuis, la filière élargit continuellement son périmètre. L’expression « fiers d’être recycleurs » revient régulièrement dans le discours des responsables qui succèdent à Albert Baudrin. Cet état d’esprit anime même l’ensemble des participants aux programmes de collecte et de recyclage. Au point de l’afficher en 2026 sur la bannière du stand ADIVALOR au Salon international de l’agriculture.

En 2026, ADIVALOR fédère plus de 700 industriels metteurs en marché. La filière rassemble aussi 300 000 agriculteurs, 1 300 structures partenaires, essentiellement des distributeurs, ainsi que 150 entreprises de l’environnement et usines de recyclage.

 

En février 2026, ADIVALOR participait pour la première fois au Salon international de l’agriculture. Avec cette vitrine, les agriculteurs témoignent de leur fierté à recycler leurs déchets depuis 25 ans.

Réduire l’exposition à la hausse du coût du plastique

Et la suite ? Le prochain cap se situe à l’horizon 2030. Le défi consiste à préserver cette dynamique collective dans un contexte plus tendu pour le plastique recyclé. De plus, le principal débouché, le bâtiment, traverse une crise.

Cependant, ADIVALOR a foi dans la solidité de son partenariat avec les recycleurs. « Le recyclage a de l’avenir, prévient Ronan Vanot, directeur d’ADIVALOR depuis 2022. La circularité va continuer de progresser et les obligations réglementaires prévues d’ici à 2030 vont accélérer le mouvement. » Elles prévoient d’intégrer 25 % de plastiques recyclés dans certains emballages.

En attendant ce coup de pouce, il avance plusieurs pistes. Par exemple, le développement du recyclage en boucle fermée devrait limiter l’impact des variations du prix des matières premières. Cette démarche reste toutefois complexe pour les emballages phytopharmaceutiques. Les bidons exigent en effet des plastiques aux propriétés techniques très spécifiques. Pour ces usages, les résines vierges demeurent souvent mieux adaptées que les matières recyclées.

La situation progresse davantage pour les plastiques agricoles, comme les ficelles ou les films. Sur le marché français, 12 % de ces produits intègrent déjà plus de 25 % de plastique recyclé. Enfin, la qualité du tri à la source influence également les performances du recyclage.

Un quart de siècle après sa création, la filière ouvre ainsi un nouveau chapitre avec la campagne de communication « Génération agri-recycleurs ». L’ambition est de transmettre cet engagement et de consolider la circularité pour les années à venir.

« Je me projette avec confiance vers les 30 ans d’ADIVALOR avec toujours plus de nouvelles filières et de tonnes collectées, un modèle toujours plus reconnu en Europe et dans le monde », conclut Christophe Grison.

Chiffres clés 2025

Tous déchets de l’agrofourniture

  • 106 500 tonnes de déchets collectées sur un gisement estimé à 130 000 tonnes, dont : 84 500 tonnes de plastiques agricoles, 21 500 tonnes d’emballages, 300 tonnes de déchets dangereux.
  • 25 flux de déchets
  • Plus de 43 000 demandes d’enlèvement gérées chaque année.
  • 8500 points de collecte
  • Plus de 15 000 personnes impliquées dans le fonctionnement de l’écosystème ADIVALOR
  • 79 % de taux de collecte tous flux confondus, 89 % pour les emballages
  • 74 % de taux de recyclage tous flux confondus, 96 % pour les emballages
  • 65 243 tonnes de CO2eq évitées en 2024, soit l’équivalent de 44 000 voitures en moins sur les routes.

 

Emballage vides de produits phytopharmaceutiques

  • Taux de collecte 89 %
  • Taux recyclé / collecte : 90 %
  • Taux de recyclage : 80 %. Le taux de recyclage des emballages phytos inférieur à celui de l’ensemble des emballages gérés par ADIVALOR car une partie des produits phytopharmaceutiques est conditionnée en emballages souples. Ces derniers ne peuvent pas être rincés. Par conséquent, leur valorisation énergétique est impossible.

 

Retrouvez dans le rapport d’activité 2025 (juin 2026), le témoignage des représentants des filières sur les 25 ans d’ADIVALOR. www.adivalor.fr

ADIVALOR – les dates

12 avril : création de Covada. Cette société collecte les contributions des industriels de la phytopharmacie afin de financer les programmes emballages vides (EVPP) et produits non utilisables (PPNU) mis en œuvre par ADIVALOR.

4 juillet 2001 : création d’ADIVALOR et lancement du programme  » emballage vide « .

1er octobre 2003 : mise en place du programme d’élimination des PPNU. Signature du 1er accord cadre avec le Ministère en charge de l’environnement.

2007 : extension aux emballages vides de produits fertilisants

2008 : premières collectes de films plastiques agricoles usagés.

2009 : extension aux emballages vides de semences certifiéees

2010 : extension aux emballages des produits d’hygiène des élevages laitiers,.

8 février 2011 : 2e accord-cadre avec le ministère en charge de l’environnement.

2013 : extension aux ficelles et filets de balles rondes,

2015 : extension aux filets paragrêle et obtention de la certification ISO 9001

6 juillet 2016 : 3e accord-cadre (2016-2020) avec le Ministère en charge de l’Environnement.

2016 : Extension des collectes aux équipements de protection individuelles usagés

26 février 2018 : signature du 1er accord-cadre entre le ministère de l’Agriculture et ADIVALOR (période 2018-2021).

2018 : Extension des collectes aux gaines souples d’irrigation et emballages vides des produits œnologiques et d’hygiène de la cave.

15 janvier 2021 : signature de la prorogation de l’accord-cadre avec le ministère en charge de l’environnement pour la période 2021-2023.

2021 : extension des collectes aux emballages vides des plants de pommes de terre et emballages vides d’hygiène des élevages (porcins, volailles…)

2023 : cap des 100 000 tonnes de déchets agricoles collectées et valorisées par an. Extension des collectes aux emballages vides de produits de nutrition animale.

28 février 2024 : nouvel accord-cadre avec le ministère de la transition écologique (2024-2029).

2 avril 2025 : signature du 2e accord-cadre entre le ministère de l’Agriculture et ADIVALOR (période 2025-2027). Cet accord renouvelle et approfondit la coopération engagée depuis 2018.

 

adivalor-directeur-president

Ronan Vanot, directeur d’ADIVALOR depuis 2022 et Christophe Grison, président depuis 2020.

 

adivalor-visite-unite-valorisation-energetique

Albert Baudrin, président de 2001 à 2007 et Pierre de Lépinau, directeur jusqu’en 2022.

Les présidents et dirigeants

ADIVALOR

Présidents

  • Albert Baudrin : de 2001 à 2007
  • Jacques Dousset de 2007 à 2011
  • Rémi Haquin : de 2011 à 2020.
  • Christophe Grison : depuis septembre 2020

Directeurs

  • Pierre de Lépinau : de 2001 à 2022
  • Ronan Vanot depuis 2022.

 

Covada

  • Président : Thaddey Nobecourt
  • Directeur : Simon Cheylan
  • Responsable des opérations : Béatrice Moinereau