Des plantes résistantes aux bioagresseurs obtenues plus rapidement grâce à l’édition du génome

Biotechnologies 26 juillet 2022

L’édition du génome répond aux objectifs de préservation des récoltes, en qualité comme en quantité. Blé résistant à l’oïdium, maïs tolérant à la sécheresse, pomme de terre résistante au mildiou : toutes ces variétés ont été obtenues grâce à un remodelage très précis de l’ADN, sans apport de gènes étrangers. Plus de 80 programmes de recherche sont aujourd’hui recensés dans le monde. Lors de la mise au point de ces variétés, deux à trois années sont systématiquement gagnées par rapport aux techniques classiques.

Avec les techniques d’édition du génome, les chercheurs ciblent plus finement les gènes de résistance des plantes aux bioagresseurs. Cette thématique constitue d’ailleurs la troisième catégorie de recherche parmi les 444 programmes recensés dans le monde utilisant ces outils.

Autre enjeu majeur pour la santé des végétaux, les travaux consacrés à la réponse des plantes au stress climatique sont appelés à se développer. Ces recherches visent à obtenir des plantes plus résilientes, capables de maintenir de bonnes performances agronomiques tout en renforçant leur résistance aux maladies.

Une technologie acquise sur de nombreuses cultures végétales

 

En France, grâce à l’application de la méthode CRISPR Cas 9, dans le cadre du programme multipartenaires Genius lancé en 2012, neuf cultures ont été améliorées. Parmi celles-ci, une tomate résistante aux Potyvirus par l’Inrae de Versailles.

Dans le monde, de nombreuses plantes font l’objet d’amélioration, notamment le riz.

 

La résistance aux bioagresseurs, 3e application d’édition du génome

Dans le monde, de 1996 à 2021, 18 % des applications d’édition du génome sur les plantes ont concerné les résistances au stress biotique causées par les champignons, insectes, virus, bactéries et nématodes. 5 % des travaux, se sont focalisés sur l’amélioration de la résilience des variétés face à la sécheresse, au pic de chaleur, à l’excès ou manque d’eau, au sel dans le sol, aux stress abiotiques…

La recherche publique prend le pas avec 58 % des projets dont la grande majorité d’entre eux est encore au début de la phase de R & D, signe de l’engouement récent. Côté recherche privée, 12 projets sont en phase de pré-lancement commercial. Dans tous ces exemples, la mutation obtenue est similaire à une mutation naturelle ou induite par des procédés physiques ou chimiques. « Quelques bases de leur ADN ont été supprimées ou remplacées à des positions précises. Il est très difficile, voire impossible de distinguer l’origine de la mutation, car la mutation dirigée n’introduit pas d’ADN exogène contrairement à la transgénèse», complète Marie Rigouzzo, responsable du groupe biotechnologies pour Phyteis.