Les NGT : un accélérateur d'innovation
Les nouvelles techniques génomiques (NGT) ne remplacent ni la sélection variétale conventionnelle ni les outils actuels. Ces biotechnologies offrent de nouvelles possibilités pour créer de la diversité génétique et améliorer l’efficience de certains traits.
Les nouvelles techniques génomiques (NGT) changent le rythme de l’innovation variétale. En ciblant directement les caractères recherchés dans le génome, les sélectionneurs développent plus vite des variétés aptes à relever les défis sanitaires, climatiques et alimentaires.
Le premier apport des NGT : cibler la modification efficace
Grâce à des outils comme CRISPR-Cas9, les chercheurs modifient précisément certaines séquences du brin d’ADN. Cette approche raccourcit fortement les cycles de sélection. Dans le cas du pommier, le développement d’une nouvelle variété passe de 15 à 50 ans à seulement 5 à 8 ans.
Les NGT élargissent également le champ des innovations possibles. Elles facilitent l’introduction de nouveaux caractères dans davantage de variétés et contribuent à élargir la diversité génétique disponible.
La tomate, première espèce travaillée dans le Monde
En Europe, les scientifiques travaillent en priorité sur la résistance aux bioagresseurs, puis l’amélioration du rendement, la qualité des aliments, la durée de conservation ou encore la tolérance aux stress climatiques.
Côté espèces, la tomate se situe en tête de liste avec des variétés capables de mieux résister aux pathogènes et maladies. D’ailleurs, cette espèce concentre 32 projets de recherche. Par exemple, les fruits mûrissent plus rapidement ou présentent une meilleure qualité nutritionnelle ou encore s’adaptent mieux aux contraintes climatiques. La tomate devance donc le riz (16 projets), l’orge (12), la pomme de terre (11), le blé (9), le maïs (7) et le colza (6).
Enfin, contrairement à certaines idées reçues, la tolérance aux herbicides ne figure pas parmi les priorités de la recherche. Elle arrive seulement en huitième position des caractères étudiés en Europe.
D’ores et déjà, des espèces sont proches de la commercialisation. Aux Antilles, les producteurs de bananes font face à la cercosporiose noire. Cette maladie menace la production alors que les solutions de protection se réduisent. Des bananiers édités sont déjà en essais plein champ en Asie du Sud Est.
A lire aussi : Cercosporiose noire de la banane : la filière antillaise mise sur les NGT pour relancer la production