La réglementation européenne considère qu’une substance active phytopharmaceutique ne peut être mise sur le marché si elle présente un risque pour la santé de l’Homme et des animaux et pour l’environnement. Pour répondre à cet impératif, plus de 300 études dont 50 % sur la santé, référencées dans les guides européens d’évaluation, sont réalisées afin de constituer un dossier d’homologation. Conduites par des laboratoires agréés par les pouvoirs publics et régulièrement audités, ces études sont financées par le fabricant qui propose le produit sur le marché. Les dossiers sont étudiés et évalués par des comités d’experts indépendants.

Les produits phytopharmaceutiques disposent de 45 000 publications scientifiques

La décision de mise sur le marché et l’évaluation des produits reposent sur une bibliographie importante : les études réglementaires et les connaissances issues de 45 000 études universitaires publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture.

  • Pour les nouvelles substances actives, des études réglementaires sont menées systématiquement. Elles explorent un large panel d’effets potentiels, portant sur la toxicité aiguë et celle à long terme, et sur plusieurs générations.
  • Pour les substances actives déjà sur le marché, les études réglementaires sont révisées tous les dix ans en fonction de l’évolution des nouvelles exigences scientifiques. Les molécules peuvent aussi faire l’objet d’une réévaluation anticipée si de nouveaux risques ont été identifiés grâce par exemple à la phytopharmacovigilance. Ce dispositif assure au niveau national le suivi et la centralisation des impacts (santé, environnement) tout au long de la durée de commercialisation des substances actives.

Surestimation de l’exposition aux pesticides pour calculer le crédit toxicologique

Les études toxicologiques servent à établir le crédit toxicologique de la substance active. Il apporte une marge de sécurité de 100 par rapport à la plus petite dose sans effet néfaste pour la santé. « Notre exposition, de l’ordre de 1 %, est en moyenne 100 fois inférieure à notre crédit toxicologique, qui est lui-même 100 fois inférieur à une dose qui n’a provoqué aucun effet adverse dans les études du dossier d’homologation », précise Julien Durand-Réville, responsable santé et prévention Phyteis.

Pour calculer le crédit toxicologique par substances actives, les autorités ajoutent des marges de sécurité et suivent des scénarios de surestimation. Elles évaluent le risque comme si tous les agriculteurs d’Europe utilisaient un seul et même produit phytosanitaire, sur toutes les cultures où il est autorisé, en traitant autant de fois que le prévoit au maximum son dossier d’homologation et à la dose maximale autorisée. Dans ce cadre, improbable, il ne doit pas y avoir de risque de dépasser le crédit toxicologique pour les populations, des enfants aux personnes âgées ou encore pour ceux qui ont un régime alimentaire spécifique (végétarien…).

« Par comparaison, si l’on devait recommander un indice de crème solaire pour protéger du cancer de la peau, cela reviendrait à prendre pour hypothèse que nous allons tous les jours au soleil, nus, l’été du lever au coucher du soleil et sous les tropiques, là où le soleil est le plus fort », ajoute Julien Durand-Réville.

Nos crédits toxicologiques en moyenne 10 fois plus élevés en 60 ans

Les produits phytos doivent être évalués par rapport aux risques qu’ils peuvent engendrer et non pas uniquement sur les dangers potentiels qu’ils peuvent représenter. « Notre responsabilité nous a amené, au cours du temps, à considérablement augmenter la part de nos recherches dédiées afin d’améliorer la sécurité des produits proposés aux agriculteurs », précise Julien Durand-Réville.  Ces exigences réglementaires et d’innovation ont conduit à une multiplication par 10 de la Dose journalière admissible, donc de l’amélioration de notre crédit toxicologique.

Les produits sont utilisés en plus petite quantité que par le passé. En moyenne, 8 fois moins de produits sont nécessaires pour obtenir l’effet agronomique attendu.« Nous utilisons donc aujourd’hui des produits plus sûrs et en plus petite quantité », ajoute-t-il.

Les autorités sanitaires ajoutent des marges de sécurité et suivent des scénarios de surestimation, avec des cas extrêmes, dans l’évaluation des produits phytopharmaceutiques.

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