Entre la concurrence entre espèces végétales et la pression exercée par les bioagresseurs, la production agricole repose sur un équilibre fragile. Les agriculteurs doivent le préserver pour garantir des récoltes de qualité et en quantité suffisante.
Dans ce contexte, le rôle des fabricants de solutions de protection des cultures est essentiel : ils proposent aux agriculteurs une boîte à outils diversifiée permettant d’assurer la performance économique des exploitations, de répondre aux exigences environnementales et de prendre en compte les attentes sociétales.
Avant leur mise sur le marché, les produits font l’objet d’une évaluation rigoureuses par des agences indépendantes européennes et françaises. Ces agences contrôlent et vérifient que les substances actives ainsi que les produits respectent en tous points les exigences des règlementations en vigueur (La réglementation) Les études et les tests menés couvrent plusieurs domaines comme la toxicologie, l’écotoxicologie et l’efficacité agronomique, notamment au champ.
Année après année, les pratiques évoluent et la protection des cultures se raisonnent désormais de manière combinatoire, en intégrant différentes approches. Les adhérents de Phyteis proposent ainsi une large palette de solution : phytopharmacie, biosolutions (biocontrôle et biostimulants), Outils d’Agronomie digitale ou encore biotechnologies. L’ensemble des adhérents représentent un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros en 2025, soit environ 90% du marché français de la protection des cultures.
De nombreux acteurs interviennent sur ce marché. Les produits sont commercialisés par l’intermédiaire des distributeurs agricoles que sont les coopératives et négoces.
Le renforcement du partage d’informations et la fluidification de la logistique constituent aujourd’hui des enjeux bien identifiés par la filière, et plusieurs initiatives sont déjà en place pour y répondre. Ainsi, Phyteis a développé la plateforme PHYTOSTIMDATA qui recense, pour une quarantaine de metteurs en marché, leurs produits ainsi que les unités logistiques correspondantes. Cet outil permet notamment de calculer le montant de la Redevance pour Pollution Diffuse (RPD) par unité logistique et apporte les informations réglementaires associées à chaque produit recensé. Cette base est désormais reconnue comme une référence par la profession.
Phyteis et ses adhérents participent également au projet AGRIGUIDE, porté par CropLife Europe, qui a pour vocation de proposer un format digital des étiquettes qui facilite sa lecture par l’utilisateur. Dans le prolongement de ces travaux, et toujours dans le souci d’améliorer la logistique, les adhérents de Phyteis sont membres d’Agro EDI Europe. Cette association, créée à l’initiative des coopératives agricoles, définit et développe des standards informatiques pour les produits agricoles. Des avancées significatives ont déjà été réalisées, notamment pour améliorer la traçabilité des produits tout le long de la chaine de distribution grâce à l’harmonisation et l’homogénéisation des étiquettes logistiques. L’association œuvre enfin à la promotion de la facturation électronique en créant des référentiels adaptés aux spécificités du secteur agricole (dictionnaire des nomenclatures à utiliser par exemple).
Alors que les ministères en charge de l’environnement et de l’agriculture publient les données de vente de produits phytopharmaceutiques aux agriculteurs, Phyteis rend publiques les données de vente de substances actives de ses adhérents aux distributeurs pour l’année 2024. Sur les dernières années les ventes de produits fongicides représentent une part plus importante des volumes, poussés notamment par le biocontrôle ou l’UAB. En 2024, année très humide, la répartition des ventes de substances actives était : fongicides : 51%, herbicides : 39%, divers : 9% et insecticides 1%.
La tendance générale à la baisse du marché des produits phytopharmaceutiques se confirme année après année se stabilisant à 50 000T en 2024. C’est un recul des volumes de matière active de 36,30% depuis 2008 (lancement du plan ECOPHYTO).
Cette baisse est encore plus marquée pour les substances non utilisables en agriculture biologique, avec un recul de 44,1 %. À l’inverse, la part des substances utilisables en agriculture biologique progresse et représente désormais près d’un tiers des tonnages vendus.
Il convient toutefois d’interpréter ces évolutions avec précaution : les variations annuelles dépendent fortement des conditions climatiques et sanitaires, qui influencent directement les besoins de protection des cultures.
Il faut ainsi faire preuve d’une grande prudence en étudiant les valeurs présentées.
Tout comme les volumes, les valeurs du marché de la protection des cultures sont dépendantes d’un certain nombre de variable comme les conditions climatiques ou la conjoncture économique. Le contexte géopolitique des dernières années a fortement perturbé les marchés agricoles. Le blocage du détroit d’Ormuz conduit à des tensions sur les marchés pétroliers, le transport ou encore le soufre (co-produit de l’industrie pétrolière). Ces perturbations entraîneront des répercussions sur le marché français de la protection des cultures.
Ainsi, toute comparaison d’une année sur l’autre doit être analysée à la lumière de l’ensemble de ces paramètres.