Alors que 30 ans d’amélioration des techniques d’analyse ont permis de diviser par 100 le seuil de détection des résidus de pesticides, les résultats sont chaque année toujours rassurants et positifs. Le programme européen de surveillance des aliments réalisé par l’Efsa montre un niveau d’exposition des européens en 2020 correspondant en moyenne à une utilisation de 1,19 % de notre crédit toxicologique. Ce calcul est effectué à partir des données de 88 141 échantillons de denrées alimentaires prélevés en 2020 et dont l’analyse a été publiée le 30 mars. Plus de 650 résidus de pesticides ont été recherchés avec en moyenne 264 par pays.

Le niveau du crédit toxicologique reste constant au fil des années. En 2019, la part de notre compte « crédit toxicologique » consommée a été établie à 1,033 % et en 2018 à 1,024 %. « Entre ce que nous consommons et ce que le cadre réglementaire fixe, il faudrait consommer 100 fois plus tout ce que nous mangeons journalièrement, explique Julien Durand-Réville, responsable santé Phyteis. Comparé à ce qui doit être consommé pour montrer le premier effet néfaste sur la santé, c’est de l’ordre de 10 000 fois moindre. »

Près de 55 % des échantillons sont sans résidus de pesticides

Autre point remonté par le rapport annuel de l’Efsa : le taux de conformité est de 94,9 % en 2020, soit dans le même ratio que les précédentes années. Il correspond à la proportion d’aliments dont les résidus sont en dessous de la Limite maximale de résidus (LMR). En 2019, l’Efsa annonçait 96,1 %, 95,5 % en 2018, 95,9 % en 2017…

Par ailleurs, plus de la moitié des analyses, soit 54,6 % des échantillons, ne quantifient pas de résidus du tout. 40,3 % d’entre eux présentent des concentrations quantifiables mais conformes aux LMR. En moyenne, 264 pesticides différents ont été analysés par échantillon soit au total 659 substances actives recherchées. « En Europe, du fait de la généralisation des bonnes pratiques agricoles, l’allégation « zéro résidu » revendiquée par certains produits est déjà la norme pour plus d’un produit alimentaire sur deux », complète Julien Durand-Réville.

Mesures correctives pour les denrées non conformes

Quant aux 9 275 échantillons issus d’aliments importés et notifiés à l’Efsa, 6,5 % (1 529) ont été considérés comme non conformes à la législation de l’UE sur les résidus de pesticides.

Pour les denrées alimentaires non conformes, une série de mesures correctives graduées sont prises : du rappel à la réglementation, au blocage des denrées aux frontières le temps de fournir des données confirmatoires, jusqu’à la destruction des lots considérés comme dangereux.

LMR et crédit toxicologique, deux paramètres, un même objectif 

La Limite maximale de résidus n’est pas une norme toxicologique mais une valeur réglementaire agronomique.

La LMR correspond à la concentration maximale légalement fixée pour chaque substance active particulière et par culture pour laquelle le produit est autorisé. C’est une limite réglementaire permettant de vérifier que les Bonnes Pratiques Agricoles ont été respectées.

Ces limites sont définies au niveau des matières premières agricoles non lavées, non pelées et non transformées (orange ou banane avec la peau par exemple).

Le crédit toxicologique renseigne sur le niveau de sécurité de notre alimentation. Bien évidemment, dans l’évaluation des produits phytopharmaceutiques, les autorités sanitaires s’assurent que les conditions d’usages garantissent avant tout le respect du crédit toxicologique.

En moyenne notre exposition aux résidus de pesticides conduit à une consommation de seulement 1% du crédit toxicologique. Par rapport à la dose sans effet adverse sur la santé, la marge de sécurité est de l’ordre de 10 000.

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