Maîtriser la dérive de pulvérisation
3 paramètres clés pour maîtriser sa dérive
La dérive de pulvérisation est due à l’entraînement par l’air d’une partie des gouttelettes émises par le pulvérisateur.
Pour maîtriser ce phénomène, il faut tenir compte de 3 paramètres principaux :
- Le vent : ne pas traiter lorsque le vent dépasse force 3 Beaufort. Il faut donc s’adapter en choisissant le moment de l’application : par exemple tôt le matin.
- Le positionnement de la rampe : bien régler la hauteur de la rampe selon la culture à traiter.
- La finesse des gouttelettes : éviter la formation de gouttelettes fines par un bon réglage de la pression et l’utilisation de buses à limitation de dérive.
Bien choisir et entretenir les buses de pulvérisation
Choisir sa buse selon la situation. Les buses déterminent la forme du jet et le débit. Elles jouent un rôle important dans la qualité de la pulvérisation, l’impact sur l’environnement mais aussi sur l’exposition directe (filtration en cabine) et indirecte (matériel souillé) de l’agriculteur. Il s’agit d’avoir une pulvérisation homogène et un débit constant, pour un risque de dérive maîtrisé.
Une buse se choisit en fonction de 4 critères :
- Le volume à appliquer par hectare,
- La vitesse d’avancement,
- La pression d’utilisation,
- Le matériau.
Les matériaux :
- Résine (polymère, s’altère rapidement, précision de pulvérisation variable d’une buse à une autre, la moins chère),
- Inox (ne se corrode pas mais sensible à l’abrasion ; très précise neuve, perd rapidement de sa précision),
- Céramique (la plus grande longévité mais une précision, au début, moins importante),
- Autres (laiton, carbure…).
Le choix d’une buse est un perpétuel compromis entre l’efficacité (finesse des gouttes, nombre de gouttes) et la sensibilité au vent (grosses gouttes). Cependant, selon le mode d’action des produits, les grosses gouttes ne réduisent pas forcément l’efficacité.
Le bon entretien des buses
Pour conserver les caractéristiques de la pulvérisation (forme et débit) et éviter le bouchage et la corrosion, pensez à fréquemment nettoyer les buses et à toutes les remplacer régulièrement, si possible simultanément.
Comment nettoyer une buse bouchée ?
- Après avoir ramené la buse bouchée sur l’exploitation, la rincer.
- Faire passer dans l’orifice un jet d’air comprimé pour évacuer toute impureté du conduit. Si la buse est toujours bouchée, la brosser avec une brosse souple (par exemple brosse à dents). Pour les buses à fente, brosser dans le sens de la fente.
- Rincez ensuite la buse à l’eau claire.
N’utilisez jamais d’instrument agressif (fil de fer, pointe de couteau, etc.). Les bords de l’orifice en seraient endommagés et le débit, ainsi que la répartition, irrémédiablement affectés, même si rien n’est visible à l’œil nu. Ne soufflez jamais dans la buse avec votre bouche en raison des risques d’intoxication. Pendant les opérations de nettoyage, portez des gants, ne mangez pas, ne buvez pas, ne fumez pas. Lavez-vous soigneusement les mains lorsque vous avez terminé.
Nettoyage des buses avant hivernage
Après démontage des buses en fin de campagne de traitement (minimum une fois par an) :
- Trempez-les dans un produit anti-calcaire,
- Rincez-les ensuite dans l’eau claire,
- Nettoyez-les avec une brosse souple (par exemple brosse à dents), mais jamais avec un objet métallique.
EN PRATIQUE
Dans le cadre de la nouvelle réglementation, pour pouvoir réduire la largeur des « zones non traitées », il est nécessaire d’utiliser un dispositif limitant le risque de transfert vers la ressource en eau. Un de ces dispositifs est d’installer des buses à limitation de dérive sur son pulvérisateur.
Pensez à emporter des buses neuves de rechange avec vous lors d’un traitement afin d’opérer un simple remplacement au champ, et nettoyez les buses bouchées sur l’exploitation, après le traitement.