Sécurité
FICHE BONNES PRATIQUES

Prévention du risque chimique lors des visites d’essais

Des structures organisent/coorganisent régulièrement des visites de terrain : sites d’expérimentations, plateformes d’essai, parcelles tests, réseaux de fermes…

Il a semblé intéressant aux membres du groupe de travail Phyteis en charge des « bonnes pratiques », de proposer une approche harmonisée au niveau de notre association professionnelle, pour accompagner les structures et homogénéiser si possible les pratiques.

Les salariés qui réalisent ces visites ainsi que les visiteurs peuvent être exposés par contact cutané ou frottements avec des végétaux ayant reçu un traitement phyto et/ou étant porteur de bioagresseurs… Dès lors, en tant qu’acteur responsable, il est important de réfléchir en termes de prévention et d’organiser au mieux ces visites. Evidemment un visiteur ponctuel n’aura pas la même exposition qu’un agriculteur réalisant régulièrement des phases de mélange/chargement de bouillie ou qu’un travailleur en réentrée avec des phases de contact prolongé avec la végétation. Il est donc important de moduler l’approche de prévention.

Approche proposée

Les éléments ci-dessous sont des recommandations, qui doivent donc être adaptées au contexte local (météo, cultures…), aux niveaux probables de contacts avec la végétation préalablement traitée, ainsi qu’à l’organisation et les objectifs de la visite.

Réflexion et informations préalable :

  • Anticipation de l’organisation de la visite, du matériel nécessaire…
  • Vérification des DRE (délais de rentrée) en fonction des itinéraires techniques mis en pratique sur les parcelles qui seront visitées
  • Vérification si possible des interventions adjacentes / dérive. Le respect d’une distance de sécurité lors du traitement à proximité de l’essai pouvant être nécessaire
  • Informations préalables des visiteurs s’ils doivent prévoir des choses : vêtements couvrants s’il est prévu de rentrer en contact intense / manipulation avec de la végétation fournie, port de chaussures adaptées si le terrain est accidenté (trous, sols glissants…) ou la végétation haute, se protéger des UV…

Capitaliser sur le temps d’accueil des visiteurs. Ils doivent être conscients qu’ils se trouvent sur un site ou dans un environnement de travail soumis à des règles de sécurité à respecter.

  • A l’occasion de l’accueil, indiquer clairement le point de rassemblement en cas d’évacuation du site, les consignes de sécurité spécifiques (numéro des urgences locales, présence de défibrillateur, trousse de premiers secours…), ainsi que les dangers spécifiques qui seront rencontrées (présence d’engins agricoles, zones glissantes, végétaux allergènes ou coupants, animaux sauvages, ne pas s’écarter des chemins balisés…). Chaque intervenant doit s’assurer de connaître ces consignes ainsi que le chemin pour se rendre rapidement et en toute sécurité au point de rassemblement défini.
  • Pour le risque chimique, il sera par ailleurs pertinent de partager avec les visiteurs quelques règles d’organisation mais également de bonnes pratiques.
    • Exemple : autour des 4 piliers de la prévention : information, organisation, hygiène, équipements
  • Information sur les équipements mis à la disposition des visiteurs, suggestion d’éteindre les portables pour ne pas avoir à les manipuler…
  • Evoquer au groupe que les DRE ont été respectés

Mise à disposition d’équipements et/ou d’infrastructures

  • Des équipements pourront être proposés si nécessaire : gants jetables normés, cannes, carnet de notation, lingettes jetables / essuie-tout avec désinfectant (pour nettoyer les téléphones portables / stylos, carnet…)
  • Lavage des mains organisé avec un point d’eau fixe (ou mobile type jerrican) et savon, idéalement en fin de la phase terrain de la visite… et pourquoi pas installé dans un lieu différent de la zone d’accueil usuelle du bâtiment/station d’essai, pour limiter les croisements de personnes…
  • Poubelle normale, voire poubelle EPI dédiée pour récupérer notamment les gants usagés (les EPI usagés font l’objet d’une filière de récupération spécifique, ECO EPI, coordonnée par ADIVALOR).

Ton et comportement général

  • Ne pas être dogmatique : plutôt que d’asséner des règles et obligations, il s’agit plutôt de fournir des informations sur l’hygiène et la sécurité, et de proposer l’éventail de solution qui ont été mise à leur disposition.
  • Faire preuve de bon sens : moduler le « niveau de recommandation » et d’équipement en fonction des conditions de la visite. Le risque d’exposition n’est pas le même selon que l’on visite un essai herbicides céréales à l’automne ou en reprise de végétation 4 mois après l’application, que pour un essai fongicides vignes en plein mois de juin où il est prévu que les visiteurs touchent les végétaux.
  • Être exemplaire : les personnes en charge de la visite doivent bien évidemment suivre les préconisations proposées et qui auront été adaptées à la visite : port de vêtements couvrants, utilisation des gants, lavage des mains consciencieux, extinction de leur téléphone portable en début de visite…