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Le siècle vert

Premiers bidons équipés du bouchon easyconnect en France dès 2023

C’est officiel, le système de transfert fermé easyconnect est sur sa rampe de lancement. Les bidons de produits phytosanitaires de 5 et 10 litres des onze entreprises partenaires disposeront progressivement du bouchon spécifique à partir de 2023. Objectif : zéro exposition aux produits pour les applicateurs.

Profitant du SIMA, onze entreprises de protection des cultures adhérentes de Phyteis ont annoncé, le 8 novembre, l’équipement des premiers bidons de leurs produits phytopharmaceutiques avec le bouchon easyconnect dès 2023.
« L’ensemble, connecteur au pulvérisateur et bouchon, constitue le système de transfert fermé easyconnect », a rappelé Marie Luciot, responsable homologation chez Adama.

Un standard de bouchons de bidons des produits phytosanitaires

Cette adaptation des bidons de 5 l et 10 l commencera en 2023 au sein des lignes de conditionnement. Elle concernera presque la totalité des produits phytosanitaires du marché en 2030 dans les premiers pays équipés. Le changement est d’abord programmé aux Pays-Bas, au Danemark, en Belgique, puis au Royaume-Uni, en Allemagne et en France. Les autres pays européens disposeront de ces bidons adaptés dès 2025. « Les bouchons spécifiques préalablement montés sur les bidons de produits phytosanitaires liquides deviendront la norme » a complété Isabelle Delpuech, responsable agriculture durable et stewardship Syngenta. Elle a aussi souligné le caractère inédit de cette initiative fondée sur un partenariat volontaire :
« Des entreprises concurrentes ont su se réunir pour réduire davantage l’exposition des agriculteurs aux produits phytosanitaires lors des étapes de remplissage du pulvérisateur. À la clé, d’importants bénéfices ont été relevés : sécurité significativement renforcée, pas d’odeur et rapidité des tâches d’exécution notamment lors du rinçage des bidons ».

L’adhésion toute récente de la 11e société, Sumitomo Chemical, au groupe easyconnect témoigne de la dynamique et de l’attente forte en termes de sécurité des opérateurs. De plus, des sociétés d’autres secteurs de l’agrofourniture, notamment des fertilisants ou biofertilisants liquides, seraient intéressées par le dispositif et pourraient rejoindre le groupe initial.

Démonstration au Sima du système easyconnect intégré sur un pulvérisateur Evrard par Philippe Sunder, ingénieur applications et stewardship Certis-Belchim.

Système easyconnect pour tous les pulvérisateurs

L’annonce de cette évolution du bouchon est concomitante avec la commercialisation du connecteur au pulvérisateur mis au point par la société Pentair. C’est avec ce dispositif que le groupe easyconnect a réalisé les tests pendant quatre ans chez des agriculteurs volontaires.

Néanmoins, pour déployer l’offre, les entreprises sont ouvertes à toutes collaborations avec d’autres fabricants de connecteurs, « à condition que nous puissions vérifier l’efficacité du matériel en conditions réelles avec nos agriculteurs testeurs », a indiqué Vincent Jacus, en charge du dossier easyconnect pour BASF Agro. De même, l’adaptation sur un pulvérisateur doit pouvoir être universelle, « quels que soient la marque et le type de pulvérisateur », a précisé Sylvain Pierron, directeur agronomique chez Corteva. Un trépied supportant le connecteur peut être placé à côté de la cuve. Des constructeurs ont déjà intégré le connecteur sur leur pulvérisateur tel celui de marque Evrard du groupe France Pulvé, en démonstration au Sima.
Pour Guillaume Lefort, agriculteur testeur, « le système easyconnect apporte une sécurité maximale, sans éclaboussure et avec une rapidité d’exécution : ce ne sont que des avantages ». Il espère qu’un maximum d’agriculteur pourront s’équiper et pourront bénéficier d’aides publiques.

Etude européenne BPL sur trois systèmes de transfert fermé, résultats en mars 2023

L’objectif du système easyconnect est d’obtenir zéro exposition, aucune coulure ni éclaboussure. Pour vérifier le niveau de protection de l’opérateur, une étude a été menée à l’automne 2021 chez des agriculteurs de quatre pays dont la France en conditions de bonnes pratiques de laboratoire (BPL) selon le modèle élaboré par l’Efsa. Financée par CropLife Europe, elle doit aussi compléter les travaux de normalisation internationale ISO21191 et enrichir les méthodes d’évaluation du risque d’exposition dans le cadre de l’homologation européenne des produits phytopharmaceutiques.

Une réduction de plus de 90 % de l’exposition au produit pour trois dispositifs de transfert fermé relevant de la norme Iso est attendue. Si l’analyse des résultats est finalisée depuis octobre, le rapport final ne sera pas divulgué avant mars 2023. « Compte tenu de la portée réglementaire de l’étude, les résultats seront d’abord présentés à l’Efsa, l’agence européenne de sécurité des aliments », a indiqué Juan Sasturain de BASF, responsable du projet Close transfer system pour Croplife Europe.

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