Sival : les clés pour tirer le meilleur parti des biocontrôles

Biosolutions 29 janvier 2024

À l’occasion du Sival, plusieurs entreprises de protection des cultures partagent leurs retours d’expérience et résultats d’expérimentation afin d’optimiser l’utilisation des produits de biocontrôle. Positionnement, associations de solutions et méthodes d’application : autant de leviers pour améliorer leur efficacité.

 

Organisé du 16 au 18 janvier à Angers, le Sival a consacré plusieurs conférences aux produits de biocontrôle. Les experts de De Sangosse, Philagro et Certis Belchim y ont présenté les conditions d’utilisation les plus favorables, les associations de solutions et les méthodes d’application permettant d’en maximiser l’efficacité. Un enjeu majeur pour accélérer leur déploiement sur le terrain.

Sumi Agro a notamment mis en avant la confusion sexuelle, tandis que Philagro est revenu sur les toxines de Bacillus thuringiensis (Bt), deux approches complémentaires. De son côté, De Sangosse a présenté les résultats obtenus en associant sa formulation de bicarbonate à celle du cuivre de Certis Belchim pour renforcer le contrôle du mildiou.

Ces conférences se sont déroulées sur l’espace Forum du Village du Biocontrôle, à l’initiative d’IBMA France. Le salon a également été l’occasion d’annoncer le lancement, dès février, de SynApps, l’outil d’aide à la décision développé par la start-up SynDev. Fondée sur l’intelligence artificielle, cette application positionne les biosolutions au moment le plus opportun grâce à l’analyse de 70 critères agronomiques en temps réel et de plus de 800 références techniques. Elle intègre également la base de données des biosolutions autorisées.

Les dispositifs de confusion sexuelle s’adaptent à l’évolution des populations d’insectes

Ces dernières années, avec le changement climatique, la pression des insectes se révèle plus importante. La confusion sexuelle régule les populations en respectant les recommandations de positionnement. De plus, les fournisseurs diversifient les techniques de diffusion : capsules, filets, pompes, racks, puffers… Ils se posent manuellement ou par drone sur les grands arbres pour les filets. Par ailleurs, des dosages multi-espèces combinent des phéromones. « Cette technique préventive nécessite de bien repérer le début du 1er vol, souligne Sébastien Biga, responsable technique Sumi Agro. Ensuite, il faut se conformer au plan de pose en renforçant les bordures et si besoin les zones les plus touchées. En verger, les diffuseurs s’appliquent dans le tiers supérieur des arbres pour bien les couvrir.

DOSSIER SIVAL - 2 - Biga_Sumi_Agro

« Réduire le nombre de diffuseurs de phéromones compromet l’efficacité du dispositif», rappelle Sébastien Biga, responsable technique Sumi Agro.

Optimiser le positionnement des BT contre les lépidoptères

À utiliser seuls ou en complément de la confusion sexuelle en vigne et verger contre des lépidoptères : les toxines de bacillus thuringiensis (Bt). D’efficacité comparable aux insecticides de synthèse, ces biocontrôles s’utilisent aussi en maraichage contre les chenilles phytophages. « Une bonne couverture des plantes donnera les meilleurs résultats, explique Samuel Canu, référent sur les biosolutions. Le traitement doit intervenir sur des chenilles aux premiers stades larvaires. De plus, il  peut être renouvelé 7 à 10 jours après les applications. Ainsi, il s’effectue en fonction de la durée du vol des papillons, de la croissance de la culture. Autre particularité, les souches sélectionnées de Bt produisent différentes toxines Cry. Simultanément, elles se fixent sur un même site ou sur des sites différents de la paroi de l’intestin. Ainsi, ce mode d’action multisite évite l’apparition de résistance de la part des insectes.

De son côté, Camille Huet, responsable marketing cultures pérennes souligne la bonne efficacité résiduelle même en cas de forte intensité lumineuse. Toutefois, la pulvérisation du produit se pratique en fin de journée. Polyvalente, cette méthode est aussi compatible avec la plupart des produits hormis le cuivre.

Camille Huet, responsable marketing cultures pérennes, et Samuel Canu, référents sur les biosolutions, précisent  les modes d’action des solutions à base de Bacillus thuringiensis.

Recherche de synergie en bioprotection pour contrôler le mildiou

Combiner les produits de bioprotection pour maximiser les efficacités : De Sangosse et Certis Belchim travaillent conjointement sur cette piste. En l’occurrence, l’objectif est d’optimiser les applications de cuivre dans le cadre d’une lutte conjointe oïdium et mildiou. Ainsi, le grammage du cuivre peut être abaissé et l’IFT* fongicide diminue. Un tel ajustement s’effectue en cas de faible à moyenne pression. En cas de forte pression, l’efficacité sur mildiou est maximisée avec les grammages de cuivre disponibles (seuil réglementaire).

En effet, Certis Belchim a découvert un effet de synergie entre son cuivre d’origine naturelle et un biocontrôle de De Sangosse, le bicarbonate de potassium formulé. Johanna Sigel, chef marché vigne De Sangosse en explique les raisons. « La formulation du bicarbonate propre à De Sangosse associée à celle du cuivre joue un rôle clé dans cette synergie, partage-t-elle. Par conséquent, le gain se traduit par 5 à 10 points d’efficacité supplémentaires, comparé au cuivre seul ». Par ailleurs, cette synergie fait l’objet d’un brevet déposé par Certis Belchim.

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Johanna Sigel, chef marché vigne De Sangosse et Guillaume Druart responsable technique vigne. Ils présentent l’effet synergie du bicarbonate de potassium formulé de De Sangosse avec du celle de cuivre d’origine naturelle de Certis Belchim.