Plantes et microbiote : ce que l’édition du génome peut apporter à la nutrition et à la santé des cultures

Biotechnologies 8 janvier 2026

La plante peut-elle mieux coopérer avec les micro-organismes du sol ? Pour Thierry Langin, président de l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV), les nouvelles techniques d’édition du génome offrent des perspectives pour mieux comprendre et optimiser les interactions entre les plantes et leur microbiote.

Dans une interview vidéo publiée sur lopinion.fr, le directeur de recherche honoraire au CNRS revient sur le rôle essentiel du microbiote dans le fonctionnement des plantes. Autour des racines, des milliers de micro-organismes coexistent. Loin d’être passive, la plante interagit avec ce microbiote pour assurer son développement, sa nutrition, sa reproduction et son immunité.

L’un des objectifs des chercheurs consiste désormais à mieux comprendre ces mécanismes afin d’optimiser les interactions entre les plantes et les micro-organismes du sol.

 

Édition du génome : agir sur les signaux racinaires

Selon Thierry Langin, les nouvelles techniques d’édition du génome sont des outils très prometteurs. En modifiant de manière ciblée certains gènes, il est possible d’agir sur les signaux émis par les racines. Ainsi, ces signaux orientent la sélection des micro-organismes avec lesquels la plante développe des synergies.
Lorsque les gènes impliqués sont connus, l’édition du génome permet de créer plus rapidement des mutations ciblées ou de modifier leur expression. De plus, cette approche s’applique directement sur des fonds génétiques agronomiquement variés et intéressants.

Blé, riz et bactéries fixatrices d’azote

Des travaux récents menés sur le blé et le riz montrent qu’il est possible de favoriser des bactéries capables de fixer l’azote atmosphérique. La plante bénéficie alors d’une source d’azote directement assimilable, produite par son propre microbiote.
Néanmoins, ces interactions restent complexes. Elles mobilisent de nombreux gènes, une grande diversité d’espèces microbiennes et des conditions environnementales variables. L’intelligence artificielle aide alors à identifier les corrélations pertinentes et les cibles à privilégier.

Dans tous les cas, la preuve de concept ne suffit pas. Les essais au champ sont indispensables avant une demande d’autorisation de commercialisation.