Indicateur HRI-1 : le nouvel outil européen pour mesurer la réduction des risques phytopharmaceutiques

Réglementation 22 juin 2022

L’Union européenne s’appuie sur l’indicateur harmonisé HRI-1 pour suivre la réduction de l’utilisation et des risques liés aux produits phytopharmaceutiques. En France, cet indicateur complète déjà les outils de pilotage du plan Écophyto et doit être interprété à la lumière des réalités agronomiques.

 

Pour évaluer les progrès réalisés vers les objectifs du Green Deal, l’Union européenne a retenu l’indicateur harmonisé de risque HRI-1. Il doit permettre de mesurer, à l’échelle des États membres, la réduction de l’utilisation et des risques liés aux produits phytopharmaceutiques. En France, il figure déjà parmi les indicateurs mobilisés dans le cadre du plan Écophyto.

Présenté le 22 juin par la Commission européenne, le projet de révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides, transformée en règlement, traduit les ambitions de la stratégie Farm to Fork. Pour suivre les progrès accomplis par les États membres vers l’objectif européen de réduction de 50 % de l’utilisation et des risques liés aux produits phytopharmaceutiques, la Commission a choisi l’indicateur HRI-1. Son interprétation doit toutefois être mise en perspective avec les conditions agronomiques, afin d’apprécier les évolutions observées avec davantage de pertinence.

HRI-1, plus pertinent que le Nodu du plan Ecophyto

Créé en 2019, déjà appliqué, HRI-1 pour Harmonised risk indicator for pesticides est un indicateur calculé à partir des ventes de produits phytosanitaires qui prend en compte la toxicité de la molécule. Il correspond à la somme des quantités de substances actives vendues en année N, pondérée par les coefficients liés à leur classification toxicologique. Ces données sont classées en quatre groupes.

« L’indicateur HRI-1 est un moyen de mesurer la réduction des risques, il est plus pertinent que le Nodu établi en France pour suivre le plan Ecophyto, explique Pierre-Yves Busschaert, responsable des affaires économiques Phyteis. Outre sa complexité, le Nodu ne prend en compte que les quantités de substances actives (QSA) vendues par les distributeurs agricoles aux agriculteurs. Il ne reflète pas l’évolution des pratiques agricoles. Construit à partir des données de l’agriculteur, l’Indicateur de fréquence de traitement (IFT), autre baromètre du plan Ecophyto utilisé régionalement, est plus pragmatique. »

Ne pas dissocier l’utilisation des pesticides des situations agronomiques

Phyteis et son organisation européenne CropLife sont favorables à l’amélioration des indicateurs de risques existants comme HRI-1 et au développement d’indicateurs prenant en compte les situations agronomiques spécifiques des Etats membres ainsi que la performance de l’agriculture. « L’indicateur HRI-1 pourrait aussi être croisé avec un indicateur de productivité agricole pour plus de cohérence avec les enjeux de sécurité alimentaire, de compétitivité de l’Europe et avec un indicateur de pression des bioagresseurs», complète Pierre-Yves Busschaert.

Comment sont définis les quatre groupes de risque HRI-1 ?

Les groupes 1 et 2 correspondent aux substances actives et aux micro-organismes autorisés.

  • Pour le groupe 1, ces substances sont inscrites dans la partie D de l’annexe du règlement d’exécution (UE) no 540/2011. Leur niveau de risque est faible. Il concerne 17 substances actives en 2019.
  • Pour le groupe 2, elles relèvent des parties A et B de l’annexe du règlement d’exécution (UE) no 540/2011. Une quarantaine de microorganismes et environ 395 substances chimiques sont recensées dans ce groupe.

Le groupe 3 concernent les substances actives approuvées dont la substitution est envisagée. Ce sont les produits classés cancérigènes (CMR 1 – 2), les substances toxiques pour la reproduction de catégorie 1 A ou 1B ; et/ou les perturbateurs endocriniens lorsque l’exposition des êtres humains est négligeable (Catégorie F). D’autres substances comme le cuivre ne répondant à ces critères sont dans ce groupe (Catégorie E). 72 substances au total sont répertoriées en France en 2019.

Le groupe 4 rassemble les substances actives qui ne sont pas approuvées en vertu du règlement (CE) no 1107/2009Les ventes associées à ces substances correspondent essentiellement aux ventes réalisées dans le cadre de dérogation « 120 jours ».

Indicateur HRI-1 et Ecophyto

En France, entre 2018 et 2019, l’indicateur HRI-1 a montré un recul de 33,5 % des ventes de produits pour le groupe des substances approuvées ou réputées approuvées (groupe 2). Les diminutions les plus importantes sont celles du glyphosate (-3 624 tonnes par rapport à 2018) suivi par le mancozèbe (-2 846 tonnes). Pour les substances candidates à la substitution (groupe 3) c’est-à-dire celles pour lesquelles des solutions alternatives sont recherchées, le repli est de 44 % .