Évaluation des pesticides et exposition des riverains : des scénarios construits sur des hypothèses de « pire cas »

Environnement et santé 19 septembre 2025

Les scénarios d’évaluation de l’exposition des riverains aux pesticides couvrent largement les situations les plus extrêmes, voire certaines situations peu réalistes. Ils prennent également en compte d’éventuels « effets cocktails ».

Avant toute mise sur le marché et lors des réévaluations, les substances actives font systématiquement l’objet d’une évaluation des risques pour les riverains. Les modèles réglementaires décrivent alors des situations dites de « pire cas » d’exposition quotidienne, aussi bien pour les adultes que pour les enfants. De plus, ils s’appliquent tout au long de la vie (voir encadré). « Les scénarios sont construits sur des hypothèses au-delà de la réalité, explique Julien Durand-Réville, expert santé de Phyteis. Ainsi, les autorités sont certaines de couvrir largement toutes les situations. Elles prennent également en compte d’éventuels effets cocktails liés à l’exposition simultanée à plusieurs substances. »

Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, l’addition de ces scénarios ne doit pas dépasser le seuil toxicologique considéré comme sans risque pour la santé. Les autorités sanitaires instaurent ainsi de larges marges de sécurité. « Je ne connais pas de personne qui resterait sans bouger deux heures par jour, tous les jours de sa vie, en face d’un pulvérisateur en marche, illustre Julien Durand-Réville. Pourtant, c’est l’un des scénarios auxquels tous les produits phytopharmaceutiques doivent répondre. »

Règles européennes sur l’évaluation des produits phytopharmaceutiques concernant l’exposition des riverains

Volet riverain : hypothèses extrêmes d’exposition aux pesticides additionnées

  • Se tenir à 5-10 mètres d’une pulvérisation en marche, 2 heures par jour et en tenue légère. De surcroît, l’individu fait face au vent. Cette situation improbable se répète tous les jours de sa vie.
  • Entrer chaque jour 15 minutes dans un champ dont le traitement vient tout juste de se terminer. En outre, la parcelle est encore humide et l’individu se frotte au feuillage.
  • Respirer pendant 24 heures, tous les jours de sa vie, un air 1 000 à 10 000 fois plus contaminé que les niveaux réellement observés dans PestiRiv (en période de traitement, proche des vignes).
  • Rester 2 heures au contact de végétaux qui subissent une dérive de pulvérisation venant du champ voisin.
  • Pour les enfants, un scenario simule une exposition alimentaire supplémentaire via des gestes main-bouche. Dans ce cas, une dérive de pulvérisation contamine au préalable les mains et objets mis à la bouche.

 

Cette addition d’expositions ne doit pas dépasser le seuil toxicologique pour espérer obtenir une AMM

Résumé du modèle d’évaluation de l’exposition des riverains aux produits phytopharmaceutiques