Communiqué de presse

Omnibus "Food & Feed" : L’Europe veut-elle encore de l’innovation pour son agriculture ?

Boulogne-Billancourt - Le 8 octobre 2026

Dans le cadre des discussions européennes sur l’Omnibus « Food & Feed », Phyteis appelle à préserver l’ambition initiale de la Commission européenne : lever les freins qui ralentissent l’arrivée des innovations dans les cours de ferme. L’organisation défend un cadre européen plus lisible et harmonisé afin de réduire les procédures administratives redondantes et de concentrer l’expertise là où elle est nécessaire. Cette évolution doit garantir un haut niveau de sécurité pour l’agriculteur, le consommateur et l’environnement tout en apportant aux industriels la prévisibilité nécessaire pour continuer à investir dans la recherche et le développement de nouvelles solutions.

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L’innovation ne suit plus le rythme des retraits

En sept ans, 92 substances actives ont été retirées du marché européen (86 conventionnelles et 6 de biocontrôle) et une seule nouvelle substance active conventionnelle a été autorisée. Cette perte nette de solutions réduit progressivement la boîte à outils à disposition des agriculteurs alors que protéger les cultures nécessite de pouvoir combiner différents leviers. En parallèle, 83 nouvelles solutions sont en cours d’évaluation. Pour Phyteis, l’Europe doit donc accélérer l’arrivée de toutes ces innovations : biocontrôle, solutions phytopharmaceutiques, agronomie digitale et biotechnologies. Au sein de cette palette, accélérer le biocontrôle est bien sûr indispensable mais ne doit pas conduire à ralentir l’accès aux autres solutions dont les agriculteurs ont besoin. Pour rappel, il faut en moyenne plus de dix ans et des investissements très importants pour autoriser une nouvelle solution phytopharmaceutique.

Simplifier et harmoniser pour accélérer l’innovation sans moins évaluer

Pour Phyteis, simplifier ne signifie pas déréguler ni moins évaluer mais mieux mobiliser les ressources d’expertise. L’organisation soutient le passage d’une logique de renouvellement calendaire systématique à une évaluation fondée sur le risque permettant des réévaluations ciblées à tout moment lorsque de nouvelles connaissances scientifiques, données de surveillance ou alertes le justifient. Phyteis appelle également à renforcer l’harmonisation entre les États membres, à réduire les évaluations redondantes et à améliorer le cadre de la reconnaissance mutuelle.
Les dispositifs destinés à accélérer l’accès au marché, notamment les autorisations provisoires proposées par la Commission pour le biocontrôle, doivent pouvoir bénéficier à l’ensemble des innovations. L’Omnibus doit ainsi permettre de dégripper le système européen, sans compromis sur le niveau d’exigence scientifique, sanitaire et environnementale.

 

« L’Europe ne peut pas demander à son agriculture de réussir ses transitions tout en laissant sa boîte à outils se réduire. En sept ans, 92 substances actives ont été retirées et une seule nouvelle substance active conventionnelle a été autorisée. L’Omnibus doit permettre de retrouver une dynamique d’innovation : accélérer l’accès à toutes les solutions, mieux harmoniser les procédures européennes et concentrer l’expertise là où elle est réellement nécessaire, sans jamais transiger sur la sécurité des agriculteurs, des consommateurs et de l’environnement. » déclare Yves Picquet, président de Phyteis.