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Parole d'expert

La valeur sanitaire maximale des pesticides est une donnée française

Seule donnée sur laquelle se fondent les autorités sanitaires françaises pour fermer un captage d’eau en cas de dépassement des teneurs en pesticides, la Valeur sanitaire maximale est calculée à partir d’études toxicologiques. Quels sont les différents niveaux de sécurité mis en place ?

La Valeur sanitaire maximale (Vmax) est utilisée en cas de dépassement du seuil technique d’alerte établi à 0,1 µg/L pour les substances actives pesticides, et leurs métabolites pertinents. En cas de concentration de ces substances supérieure à la Vmax, la distribution de l’eau est stoppée jusqu’au retour à la normale. La Vmax est la valeur maximale qui ne provoque pas d’effet sur la santé des consommateurs d’eau.

La méthode d’élaboration des Vmax, initialement mise en place par l’Anses en 2007, a été réactualisée dans un avis de 2019 en utilisant les dernières données nationales disponibles sur les nouvelles molécules et leurs métabolites. En 2022, près de 200 substances actives pesticides sont caractérisées par une Vmax.

Pour les métabolites non pertinents, la Valeur sanitaire maximale s’appelle valeur guide. Elle sert de seuil d’alerte. Si elle n’est pas disponible, la valeur de 0,9 µg/L est retenue.

 

La valeur de référence sanitaire des pesticides 

La Vmax a pour fondement scientifique la Dose journalière admissible (ou DJA). La DJA est calculée lors de l’évaluation des substances actives en vue de leur homologation. Elle s’obtient en divisant la Dose sans effet (DSE) par 100. Cette marge de sécurité de 100 intègre les différences induites par l’extrapolation de l’animal à l’Homme ainsi que les variations entre individus. Dans ce cadre, le scenario d’exposition retenu pour l’eau est celui d’une personne de 60 kg qui consomme 2L/jour tout au long de sa vie. On considère que l’eau de boisson représente 10 % de l‘exposition totale pour l’ensemble de notre alimentation.

Ronan Vigouroux, responsable environnement et agriculture durable

« Aujourd’hui les molécules phytopharmaceutiques les plus toxiques pour l’Homme ont des Vmax de l’ordre de 10 µg/L. Ces concentrations sont très rarement atteintes dans les eaux. La plupart des substances ont des Vmax nettement supérieures, jusqu’à plusieurs centaines de µg/L. Quant à celles des métabolites étudiés, elles sont souvent largement supérieures aux Vmax des substances actives.

La norme technique de 0,1 µg/L est donc très protectrice pour la population. »