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Le siècle vert

BSV 2.0 : plus d’agroécologie et une plateforme unique de pilotage

C’est à un Bulletin de santé des végétaux, plus ouvert, mentionnant les méthodes de bioprotection, le rôle de la biodiversité fonctionnelle, auquel vont s’atteler en 2022 les Chambres d’agriculture. Si le champ de la surveillance des bioagresseurs a été priorisé, Phyteis salue l’évolution de ce dispositif du Plan Écophyto doté de 6,5 M€.

Une note technique du 22 mars parue au bulletin officiel du 31 mars décrit les orientations techniques et budgétaires du Bulletin de santé du végétal-BSV pour 2022. Essentiel aux conseillers et aux agriculteurs pour piloter la protection des cultures, il est réorienté par la DGAL pour apporter plus de pragmatisme afin de soutenir la transition agroécologique dans le cadre d’une réduction de budget. La version BSV 2.0 doit être finalisée en 2023.

Connexion avec les réseaux collaboratifs de suivi des bioagresseurs

Le BSV 2.0 s’ouvre davantage aux enjeux de la protection intégrée avec notamment le biocontrôle, le suivi des résistances et une plus grande prise en compte de la biodiversité fonctionnelle. En 2022, l’épidémiosurveillance pilotée par les Chambres d’agriculture, bénéficie d’un budget de 6,5 M€.  Un montant de 0,3 M€ issu de cette enveloppe est réservé à la refonte du système informatique en une plateforme unique. Piloté par l’Acta sur la base de l’outil Vigicultures, ce système, interopérable, doit couvrir l’ensemble des filières.

« Parmi les orientations majeures, celles de mettre les données d’épidémiosurveillance en relation avec d’autres jeux de data comme ceux issus de la gestion parcellaire, des applications collaboratives tels les outils développés par les adhérents de Phyteis apportent plus précision dans le pilotage de la protection », explique Ronan Vigouroux, responsable agriculture durable et environnement Phyteis.

LE BSV 2.0 prévoit de prendre en compte la biodiversité fonctionnelle dans les analyses de risque phytosanitaire, si son rôle est pertinent. 

395 couples bioagresseurs et cultures prioritaires

Une matrice de priorisation prévue pour 2023 ajuste le champ d’action des BSV. Elle distingue les couples cultures/organismes nuisibles à forts enjeux de réduction des traitements phytosanitaires de ceux présentant d’autres objectifs (exportation, santé par exemple). La liste Écophyto est qualifiée de prioritaire. Celle édifiée au niveau national retient 395 couples pour 28 cultures à partir des listes existantes remontées par les régions. Socle du dispositif, ces couples bénéficient d’axe de recherche prioritaire, de modélisation, d’optimisation du maillage. Chaque Conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cropsav) s’appuie sur sa matrice de priorisation régionale pour retenir les couples bioagresseurs/cultures qui font l’objet d’un suivi et de l’édition d’un BSV 2.0.  Des évaluations d’organismes non recensés sont examinées au cas par cas.

Les régions ont identifié au total 3500 couples organismes/cultures, soit 960 bioagresseurs pour 198 cultures.

À noter, l’information des bioagresseurs de type « one health » fortement souhaitée dans le livre blanc sur ce thème, publié en novembre 2021 et auquel a participé Phyteis, pourra faire l’objet d’un suivi et d’une valorisation dans certains BSV2.0. Elle porte sur l’ergot du seigle, le datura, l’ambroisie, les mycotoxines, …

500 parcelles pour évaluer les effets non intentionnels des pratiques agricoles (ENI)

Quant au dispositif de suivi des Effets non intentionnels des pratiques agricoles (ENI), il se voit affecter une enveloppe d’1 M€. La biovigilance s’effectue sur 500 parcelles et 400 analyses sur les résistances des bioagresseurs. Le Museum national d’histoire naturelle bénéficie de 30 000 € pour partager des données sur la biodiversité afin d’enrichir les BSV 2.0. Une dotation de 80.000 € incluse dans le Plan Ecophyto (41 M€) doit valoriser les données du réseau de surveillance au niveau national afin de le pérenniser.

 

*Les orientations données en juin 2021 par le CGEDD et le CGAAER suite à une mission d’expertise commandée par la DGAL suite à la baisse du budget de 23 % en 2019, le ramenant à 7 M €.

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