Selon l’Indice de pollution des cours d’eau (IPCE), le taux de présence des pesticides a baissé de 20 % entre 2008 et 2018. « La tendance qui se dessine à travers l’indicateur IPCE est une amélioration graduelle et nette depuis 10 ans, souligne Ronan Vigouroux, responsable environnement Phyteis. Les agriculteurs sont engagés dans des démarches de progrès pour améliorer leurs pratiques, réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques sur les aires de captage et protéger les cours d’eau. »

Engagement collectif des acteurs agricoles renforcé avec les agences de l’eau

Les actions à l’échelle des bassins versants commencent à porter leurs fruits, notamment grâce aux programmes des six Agences de l’eau et aux dispositifs de soutien publics. Cette dynamique s’appuie notamment sur les Paiements pour services environnementaux (PSE), les démarches partenariales tel le programme Bag’ages en Occitanie et Aquitaine, l’agriculture biologique, réseau DEPHY, réseau 30 000, GIEE…

Chaque année, 200 M€ sont investis pour la surveillance de la qualité de l’eau par les Agences de l’eau. Ce suivi concerne aussi les zones côtières depuis 2016. Les agences viennent de signer leur feuille de route pour la période 2022-2027.

Pour Ronan Vigouroux, à côté de la surveillance de chimique des masses d’eau, il faut renforcer la surveillance de l’état biologique avec des espèces représentatives des écosystèmes aquacoles. « Peu de données sont disponibles, ajoute-t-il. Cela permettrait de créer des indicateurs d’impacts plus pertinents et d’agir en conséquence. »

Évaluation du risque avec les OAD et agriculture de précision

La mise en place des bonnes pratiques de traitement est un des leviers clés pour réduire le risque de pollutions ponctuelles. L’outil Optiphyto, mis au point par Phyteis, permet de réaliser un mini-diagnostic. Il est accessible gratuitement sur les plateformes iOS et Android. « En 20 minutes, avec son conseiller agronomique, un agriculteur peut facilement identifier les points d’améliorations dans ses pratiques et les aménagements à réaliser sur l’exploitation, comme les dispositifs de dégradation des effluents de traitement », ajoute Ronan Vigouroux.

Autre outil, complémentaire, aussi conçu dans un esprit d’e-learning et d’autodiagnostic : le site TOPPS-Drops. Créé par CropLife et repris en version française par Phyteis, il présente toutes les bonnes pratiques pour réduire les pollutions ponctuelles et diffuses.

Enfin, une approche combinatoire de la protection des cultures réduit les impacts sur l’environnement. Des adhérents de Phyteis mettent à disposition des agriculteurs et des conseillers des outils d’aide à la décision pour évaluer la pression des bioagresseurs, connaitre les exigences réglementaires vis-à-vis de la protection de la ressource en eau. L’intelligence artificielle via la reconnaissance des mauvaises herbes par des caméras et capteurs embarqués sur le pulvérisateur est aussi une voie d’avenir très prometteuse, avec une dose d’herbicide réduite jusqu’à 90 %.

90 %

des études demandées par les autorités sanitaires concernent les risques de transfert des substances phytopharmaceutiques dans le milieu environnant ou l’impact sur l’humain, l’animal, le végétal…

Le cadre réglementaire est extrêmement rigoureux en France

La France est particulièrement exigeante pour délivrer l’autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques.

S’agissant des neuf scénarios pédoclimatiques figurant dans les documents guides européens, tous sont pris en compte en France pour l’évaluation des risques relatifs aux eaux superficielles et souterraines. « Un dossier déposé dans notre pays doit donc tous les intégrer, souligne Ronan Vigouroux. De fait, notre système d’homologation des produits phytopharmaceutiques est le plus exigeant sur cet aspect. » Une telle approche modélise tous les climats existants en Europe, méditerranéens, continentaux, océaniques, et toutes les natures de sol ainsi que la plus grande diversité de cultures.

L’impact des substances phytopharmaceutiques sur l’environnement est évalué à travers de nombreuses études toxicologiques, sur de plus en plus d’espèces. À celles menées sur poissons et daphnies dans les années 1970, se sont ajoutées de nombreuses études sur les algues, les insectes, les oiseaux etc. Cette liste est encore appelée à s’enrichir au cours des prochaines années, pour toujours mieux mesurer l’impact sur les milieux et la capacité de ceux-ci à dégrader les molécules exogènes.

En France, neuf scénarios pédoclimatiques figurant dans les documents guides européens d’évaluation sont pris en compte pour mesurer le risque de pollution des eaux superficielles et souterraines par les substances phytosanitaires.

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