Partager ce contenu
Phyteis

Les plantes en interaction avec leur microbiote : ce qu’apporte l’édition du génome

La plante peut-elle mieux coopérer avec les microbes du sol ? Pour Thierry Langin, président de l’AFBV, les nouvelles techniques d’édition du génome permettent déjà d’optimiser ces relations. Une piste pour renforcer la nutrition et la santé des cultures.

Dans une interview vidéo publiée sur lopinion.fr, Thierry Langin, directeur de recherche honoraire au CNRS et président de l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV), revient sur le rôle du microbiote dans le fonctionnement des plantes.
Autour des racines, des milliers de micro-organismes coexistent. Or, la plante n’interagit pas avec ce microbiote du sol de manière passive. Au contraire, elle l’utilise pour assurer son développement, sa nutrition, sa reproduction et son immunité. Désormais, un des objectifs des chercheurs consiste à comprendre et optimiser ces interactions.

Édition du génome : agir sur les signaux racinaires

Selon Thierry Langin, les nouvelles techniques d’édition du génome sont des outils très prometteurs. En modifiant de manière ciblée certains gènes, il est possible d’agir sur les signaux émis par les racines. Ainsi, ces signaux orientent la sélection des micro-organismes avec lesquels la plante développe des synergies.
Lorsque les gènes impliqués sont connus, l’édition du génome permet de créer plus rapidement des mutations ciblées ou de modifier leur expression. De plus, cette approche s’applique directement sur des fonds génétiques agronomiquement variés et intéressants.

Blé, riz et bactéries fixatrices d’azote

Des travaux récents menés sur le blé et le riz montrent qu’il est possible de favoriser des bactéries capables de fixer l’azote atmosphérique. La plante bénéficie alors d’une source d’azote directement assimilable, produite par son propre microbiote.
Néanmoins, ces interactions restent complexes. Elles mobilisent de nombreux gènes, une grande diversité d’espèces microbiennes et des conditions environnementales variables. L’intelligence artificielle aide alors à identifier les corrélations pertinentes et les cibles à privilégier.

Dans tous les cas, la preuve de concept ne suffit pas. Les essais au champ sont indispensables avant une demande d’autorisation de commercialisation.