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Le siècle vert

Le scarabée japonais aux frontières de la France : l’Anses dresse un plan d’action

Face au risque important d’invasion du scarabée japonais, l’Anses recommande d’établir un dispositif de biosurveillance précoce le long de la frontière française avec la Suisse et l’Italie. Et d’agir vite et tôt. Cette espèce très invasive s’attaque à plus de 400 espèces de plantes.

Prunier, pommier, vigne, maïs, soja, haricot, asperge… mais aussi espèces forestières et plantes ornementales, tous ces végétaux sont menacés par un ravageur exotique au pouvoir envahissant et destructeur considérable. D’abord découvert en dehors du Japon aux Etats-Unis, puis détecté en Italie en 2014 et ensuite en Suisse dès 2017, le scarabée Popillia japonica serait désormais aux portes de la France. Une abondante nourriture ainsi qu’un climat tempéré favorise son installation. Ses larves attaquent les racines, les adultes dévorent les feuilles et les fruits.

Dans un rapport d’expertise publié le 31 mai, l’Anses dresse des recommandations d’observations, d’alerte et de contrôle. Sur cette base d’indications, l’agence espère que la progression de ce scarabée sera contenue. Empêcher son arrivée serait difficile tant il a de facilités à se propager, en volant ou en se déplaçant sur n’importe quel support. L’agence le qualifie même son comportement « d’auto-stoppeur ».

Les éradications qui ont réussi dans l’Oregon et en Californie se sont faites selon le plan de biosurveillance et de lutte précoce que propose l’Anses au ministère de l’Agriculture.

Détection précoce du scarabée japonais essentielle à son éradication

L’agence insiste sur l’importance des détections et interventions précoces : « elles conditionnent les chances de succès d’une stratégie d’éradication », indique-t-elle dans son avis.

Les experts de l’Anses indiquent que les pièges attractifs à phéromones constituent la méthode de surveillance la plus fiable dans la mesure où elle est sélective et efficace : « Des pièges devront être disposés dans des endroits stratégiques, comme le long de la frontière française avec les pays où l’insecte est présent ». Les ports, les aéroports, ainsi que des réseaux de transport sont aussi visés.

Recommandations de lutte combinatoire

En cas de détection d’un insecte, l’Anses invite à délimiter une zone tampon de 5 km autour du lieu infesté. Une surveillance active fondée sur un maillage de pièges est à instaurer dans ce périmètre.

En parallèle, le groupe d’experts recommande une combinaison de solutions pour éliminer P. japonica au sein de la zone infestée :

  • la lutte chimique avec l’utilisation des substances actives autorisées contre les adultes et les larves ;
  • la lutte biologique quand elle est disponible ;
  • la lutte culturale impliquant une réduction de l’irrigation pendant la période critique de ponte et un labour du sol en automne ;
  • le piégeage de masse face à des populations faibles isolées dans le but de réduire la croissance des populations de P. japonica dans la zone infestée.

 

L’Anses avait été saisie le 11 mai 2021 par la Direction générale de l’alimentation pour la réalisation de l’expertise : Evaluation du risque simplifiée (ERS) lié à Popillia japonica, le scarabée japonais, pour la France métropolitaine.

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