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Paroles d'experts

La stratégie Écophyto 2030 doit assurer un haut niveau de protection des cultures

Les six axes stratégiques du Plan Écophyto 2030 sont soumis à la consultation de l’ensemble des parties prenantes du Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) auquel participe Phyteis. Plus global que le plan Ecophyto II +, cohérent avec l’ensemble des planifications de chantiers écologiques, il encadre le retrait de certaines substances actives.

Le plan Écophyto 2030 entre en application à compter d’avril 2024 succédant au Plan Écophyto II+. Pilotée par le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), il s’élabore en collaboration avec cinq ministères, (Agriculture, Transition écologique, Santé, Enseignement supérieur et Outre-mer). La rédaction de cette nouvelle stratégie doit être finalisée en janvier 2024. Aussi, elle s’aligne sur les politiques publiques. En effet, il s’agit des stratégies nationales bas-carbone (SNBC), biodiversité (SNB), alimentation, nutrition et climat (SNANC). Le Plan eau est aussi pris en compte.

Écophyto 2030 indissociable de la sécurité alimentaire

La stratégie globale du Plan Écophyto 2030 est présentée le 30 octobre par le gouvernement aux membres du Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) dont fait partie Phyteis. Ils disposent d’un mois pour partager leurs remarques. Point fondamental : la stratégie doit maintenir un haut niveau de protection des cultures. Celui-ci reste la condition sine qua non de la sécurité alimentaire pour la France, des performances économiques et environnementales des exploitations agricoles. En outre, la stratégie comprend aussi un volet santé publique en prolongement de la protection de l’environnement. Il s’inscrit dans la logique one health, une seule santé.

Le Plan Écophyto 2030 veut accélérer la recherche

Le plan Écophyto 2030 conserve un objectif de réduction de 50 % de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et le NODU (nombre de doses unités par hectare). Toutefois, il reporte l’échéance à 2030. Alors, la période de référence devient 2015-2017. Par ailleurs, la réduction des usages de produits phytosanitaires s’appuie sur le déploiement de pratiques agroécologiques. Elles combinent les leviers non-chimiques et chimiques en dernier recours. En effet, la nouvelle approche vise l’accélération de la recherche de solutions alternatives et de produits phytopharmaceutiques. Ces derniers se caractérisent par un profil éco-toxicologique plus favorables. Autre élément clé, Ecophyto 2030 anticipent mieux le retrait de certaines substances actives. Cette ligne de conduite évite les situations d’impasse. Si 70 substances actives sur la sellette sont déjà jugées comme prioritaires, les filières finalisent l’identification des usages menacés pour présenter leur plan en décembre.

Autre point essentiel du plan : la volonté d’impliquer l’ensemble de la chaîne de valeur dans la mise en œuvre de la stratégie. Aussi, la question de la protection du marché intérieur vis-à-vis des produits alimentaires ne respectant pas les standards environnementaux figure dans les orientations stratégiques de ce programme.

Le Plan Écophyto 2030 prévoit une révision du dispositif de conseil des agriculteurs. Il renforce le dispositif de Certificat d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP).

Massifier l’agroécologie

Pour massifier les pratiques agroécologiques, l’État mise sur un renforcement des formations (Certiphyto) sur les collectifs d’agriculteurs. Autre dispositif concerné : les réseaux de fermes de références économes en intrants (fermes Dephy). Un guichet d’aide à l’investissement dans les matériels favorisant la transition agroécologique s’ouvre en 2024. Comme précédemment, FranceAgriMer est à la manoeuvre.

Une enveloppe de 250 M€ de crédits supplémentaires se destine à ce nouveau plan. Elle complète le produit de la redevance pour pollutions diffuses (RPD), soit 71 M€.

La mise en marché des innovations doit s’accélérer

Le Plan Écophyto 2030 augure une autre façon de travailler avec comme maître mot : l’anticipation. En face de chaque substance menacée, des méthodes combinées sont à inventer et évaluer. Alors, elles donnent la priorité aux solutions non chimiques. En phase avec ces objectifs, la stratégie déjà adoptée par les entreprises de protection des cultures adhérentes de Phyteis repose sur une pluralité de solutions. Aussi, elle rassemble les biosolutions, l’agronomie, les biotechnologies, les agroéquipements de précision, le digital. La phytopharmacie intervient en dernier recours.

Néanmoins, pour accélérer la transition de l’agriculture, il s’agit de créer des conditions favorables à l’arrivée rapide sur le marché des innovations. Ces dernières nécessitent des procédures adaptées. En effet, ces solutions s’inspirent de la nature.

Plan Ecophyto 2030, les six axes d’action

  • Concevoir une nouvelle approche fondée sur l’accélération de la recherche d’alternatives et la préparation au retrait de substances actives : renforcement de l’innovation et de la recherche d’alternatives couplée à des moyens d’accompagnement ;
  • Assurer une protection compétitive à l’international et porter les positions françaises au niveau européen ;
  • Massifier les pratiques de re-conception des systèmes dans une logique de transition agroécologique, en combinant les leviers non-chimiques et chimiques en dernier recours et en confortant le rôle des collectifs d’agriculteurs ;
  • Renforcer la protection de la santé et de l’environnement dans une approche « Une seule santé » ;
  • Accentuer le lien avec les politiques de l’alimentation et de l’implication de l’ensemble de la chaîne de valeurs des filières ;
  • Territorialiser la stratégie pour opérationnaliser les actions au plus près du terrain.