Comment les adjuvants optimisent-ils l’usage des produits phytopharmaceutiques ?
En limitant la dérive, améliorant l’adhésivité, l’étalement et la pénétration des produits phytopharmaceutiques, les adjuvants font partie des outils de la protection des cultures. Leur usage peut renforcer la performance du chantier de pulvérisation.
Comment sécuriser et optimiser l’action des produits phytopharmaceutiques alors que les conditions météo d’application sont de plus en plus incertaines et que les exigences environnementales toujours plus prégnantes ? En réponse, les fabricants améliorent les propriétés physico chimiques des formulations. Leurs produits s’étalent et« collent » mieux sur la feuille, ils résistent davantage en cas de pluie. Ils pénètrent aussi plus vite dans les tissus.
L’adjuvant sécurise le mode d’action du produit phytopharmaceutique
Les agriculteurs peuvent également se tourner vers les adjuvants en mélanges extemporanés. La directive 11/07/2009 reprise par l’Association française des adjuvants (AFA) les définit comme « une préparation, dépourvue d’activité phytopharmaceutique qui, ajoutée aux traitements de protection des plantes, renforce leur efficacité et autres propriétés physico-chimiques ». Leur mise sur le marché est réglementée. À ce titre, ils bénéficient d’une autorisation spécifique car ils font partie intégrante de la bouillie appliquée dans le milieu.
Ainsi, ces produits optimisent l’efficacité des substances actives et sécurisent l’application au champ. Des adjuvants contribuent en plus à limiter la dérive. Dans ce cas, ils complètent l’action des buses antidérive les plus courantes. Pour limiter la dérive, ces équipements sont déjà efficaces à 50-70 %. Mais, avec l’adjuvant, le taux grimpe à 90 % dans les essais.
La démonstration du maintien de l’efficacité d’un traitement à dose réduite, pour certains fongicides et régulateurs, permet l’éligibilité des adjuvants au dispositif des CEPP.
Pour Ronan Vigouroux, responsable environnement chez Phyteis, « les adjuvants soutiennent avant tout l’expression du mode d’action d’un produit phytopharmaceutique. Ils aident également à maîtriser les risques environnementaux. »
Les adjuvants améliorent la dispersion, la stabilité et l’homogénéité de la bouillie phytopharmaceutique.
Les catégories d’adjuvants et leurs bénéfices en conditions non optimales
En pratique, le choix d’un adjuvant se raisonne en fonction d’un facteur limitant. Par exemple, un léger vent (inférieur à 3 Beaufort), une hygrométrie trop faible et des températures trop élevées peuvent affecter la qualité de dépôt sur les feuilles. L’ajout d’un adjuvant aide à sécuriser l’application et à optimiser la fenêtre d’intervention.
Autre cas de figure, une vitesse de chantier plus élevée accroît les risques de dérive et de perte de performance du traitement. L’adjuvant corrige cet effet en formant des gouttelettes plus grosses. De fait, elles dérivent peu tout en limitant l’effet rebond sur la cible. En effet, l’atteinte de la cible reste le point le plus délicat. Le risque d’échec s’accentue surtout lorsque la végétation est dense et la surface des feuilles cireuse.
« Le rôle des adjuvants se lit donc à travers cinq facteurs : la météo, l’eau, le type de buses, la vitesse du chantier et la cible du traitement, précise Ronan Vigouroux. Néanmoins, l’ajout d’un adjuvant n’est pas la solution à tout. Il se raisonne en fonction d’un objectif d’optimisation de la protection des cultures. »
Choix des adjuvants selon le bénéfice recherché
Source AFA
Selon l’AFA, le premier usage des adjuvants reste le segment des herbicides et quelles que soient les cultures. La tendance de fond du marché est une croissance de plus de 20 % entre 2019 et 2024, preuve de l’intérêt croissant des agriculteurs de soigner la pulvérisation.