Protection des cultures : 89 solutions phytopharmaceutiques nettes perdues en six ans

Phytopharmacie 10 mars 2026

Alors que les solutions de protection des cultures disparaissent plus rapidement qu’elles n’arrivent sur le marché, l’innovation peine à suivre en Europe. Pour Phyteis, l’enjeu est d’adapter le cadre réglementaire afin d’accélérer l’arrivée de nouvelles solutions.

Les quantités de substances actives vendues par les 18 adhérents de Phyteis reculent de 46 % entre 2008 et 2024. À l’échelle européenne, une autre analyse apporte un éclairage complémentaire sur l’évolution des moyens de protection des cultures. CropLife Europe, l’association européenne des entreprises de protection des cultures, suit ainsi la dynamique de l’innovation dans le secteur. Son indicateur repose sur le solde entre les nouvelles solutions mises sur le marché et celles qui en sortent.

Aucune substance active conventionnelle autorisée depuis six ans !

Sur les six ans et demi écoulés, les agriculteurs européens ont effectivement perdu 89 produits phytopharmaceutiques nets. Dans le détail, 80 concernent des produits conventionnels, tandis que 5 relèvent du biocontrôle ou des biopesticides.

« Aucune nouvelle substance active conventionnelle n’a été introduite sur le marché européen durant cette période. La baisse observée correspond donc uniquement à des retraits, explique Emmanuelle Pabolleta, directrice de Phyteis. En revanche, pour les biopesticides, certaines solutions sont entrées tandis que d’autres ont disparu, ce qui aboutit à un solde légèrement positif. » Si ce décrochage reflète la transition en cours, il s’accompagne d’un problème majeur : la réduction continue des solutions disponibles. Dans le même temps, selon une étude de l’Unité de prospective scientifique (STOA) du Parlement européen, un agriculteur sur trois déclare avoir des difficultés d’accès à des produits phytosanitaires standards.

5 000 essais agronomiques menés par les adhérents de Phyteis en 2025

Pour répondre à l’urgence, Phyteis poursuit son engagement pour l’innovation. En 2025, ses adhérents menaient près de 5 000 essais agronomiques dont 1 sur 5 concernait à l’approche combinatoire. Par ailleurs, le déploiement de l’agronomie digitale est dynamique. En effet, les entreprises adhérentes de Phyteis proposent 35 outils digitaux. Ils couvrent 15 % des ha cultivés en France (hors prairies) contre 8 % en 2020.

Mais pour transformer l’essai, instaurer un environnement réglementaire favorable à l’innovation est particulièrement urgent. L’enjeu est aussi d’accélérer la mise à disposition des solutions auprès des agriculteurs.

A lire aussi : www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2017/603207/EPRS_STU(2017)603207_EN.pdf