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Cerise

Le puceron noir du cerisier  

Le puceron noir du cerisier, Myzus cerasi, est un ravageur particulièrement redoutable des vergers de cerisiers. Discret mais prolifique, il affecte la croissance des jeunes pousses, la qualité des fruits et la rentabilité des exploitations.

Le puceron noir du cerisier (Myzus cerasi, Homoptera : Aphididae) est un insecte piqueur-suceur courant dans les vergers de cerisiers européens.

Très spécifique de cette culture, il est connu pour provoquer de nombreux dégâts : enroulements de feuilles, coulures de fruits, baisse générale de la vigueur des arbres.

De plus, ce ravageur s’est adapté aux pratiques culturales actuelles. Il profite aussi de conditions climatiques favorables à sa prolifération (printemps doux et humides).

Les dégâts s’observent de plus en plus tôt en saison, incitant à repenser les stratégies de surveillance et d’intervention. Dans un contexte de crise, la filière cerise a ainsi engagé une gestion durable et intégrée de ce ravageur pour en limiter les dégâts.

Le cycle biologique du puceron noir du cerisier

Myzus cerasi présente un cycle biologique étroitement lié à son hôte principal.

Il hiverne sous forme d’œufs déposés sur le tronc, les rameaux ou à proximité des bourgeons. Au début du printemps, généralement entre mars et avril, ces œufs éclosent et donnent naissance aux femelles fondatrices, qui initient les premières colonies.

Plusieurs générations aptères se succèdent ensuite rapidement sur le cerisier, principalement à l’extrémité des jeunes pousses et sur la face inférieure des feuilles.

En début d’été, vers juin-juillet, apparaissent des formes ailées qui quittent le cerisier pour migrer vers des hôtes secondaires où elles poursuivent leur multiplication.

À l’automne, à partir d’octobre, un vol de retour vers le cerisier s’opère : les individus sexués se reproduisent alors et les femelles pondent les œufs d’hiver, assurant ainsi la pérennité du cycle annuel.

La nuisibilité du puceron noir du cerisier

Les colonies de pucerons s’installent principalement sur les jeunes pousses et le dessous de feuilles. En se nourrissant, ils injectent de la salive dans les tissus végétaux, provoquant des déformations importantes : enroulement des jeunes pousses, puis blocage des rameaux.

La production de miellat par les pucerons favorise également l’apparition de fumagine. Ce champignon noirâtre réduit la photosynthèse et dégrade l’aspect des fruits, les rendant impropres à la commercialisation.

Les conséquences agronomiques sont donc multiples :

  • Perte de calibre et de qualité commerciale ;
  • Diminution de la croissance des rameaux fruitiers pour l’année suivante ;
  • Hausse des risques d’infections secondaires (notamment par des champignons).
  • En verger jeune avec des porte-greffes nanisants : risques de mortalité des arbres

Source : FotoDuets

Légende : feuilles de cerisier attaquées par des pucerons

Stratégie de protection combinatoire contre le puceron noir du cerisier
Protection phytopharmaceutique

Une fois que les feuilles se sont enroulées sous l’effet de l’attaque des pucerons, aucun produit phytopharmaceutique n’est plus efficace. Les interventions doivent impérativement être réalisées en amont de ce stade, faute de quoi la population de pucerons ne peut plus être maîtrisée.

Protection biologique

Les auxiliaires naturels (coccinelles, syrphes, chrysopes, parasitoïdes tels Aphidius spp.) jouent un rôle crucial dans la régulation des populations. Par conséquent, il faut limiter les traitements insecticides à spectre large.

Des essais d’introduction de parasitoïdes spécifiques sont menés dans certains vergers. Leur efficacité reste cependant dépendante des conditions climatiques et de la densité initiale de pucerons.

Leviers agronomiques et prophylaxie
  • Surveillance renforcée en sortie d’hiver, via l’observation des bourgeons et des jeunes pousses.
  • Équilibre nutritionnel : éviter les excès d’azote qui favorisent le développement végétatif, donc attractif pour les pucerons.
  • Élagage et aération des houppiers pour limiter les microclimats favorables.
Les perspectives à l’horizon 2030 contre le puceron noir du cerisier

D’ici 2030, la protection contre le puceron noir du cerisier devra reposer sur une combinaison de leviers agronomiques, biologiques et chimiques.

L’intégration de technologies numériques (capteurs, modélisation phénologique, outils d’aide à la décision) permettra de mieux cibler les interventions.

Par ailleurs, des recherches sont en cours sur la sélection de variétés plus tolérantes ou moins attractives. Il en est de même sur l’efficacité de produits de biocontrôle à base d’extraits végétaux ou de micro-organismes.

À terme, seule une stratégie intégrée – adaptée au verger et à son environnement – permettra de garantir une protection durable tout en réduisant l’usage des insecticides conventionnels.

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