Substances actives vendues : bio et conventionnel prennent des trajectoires opposées
2024 marque une rupture pour Phyteis. Jusqu’ici, les quantités de substances actives conventionnelles vendues et celles autorisées en bio reculaient de concert. Pour la première fois, leurs trajectoires se séparent, le bio est en hausse.
Rien n’est plus probant que des chiffres pour évaluer la transition agricole, en particulier pour protéger leurs cultures. Aussi, pour l’illustrer, Phyteis s’appuie sur deux jeux de données. D’abord, le chiffre d’affaires que ses adhérents ont réalisé en 2025 et, en complément, les quantités qu’ils ont vendues à la distribution agricole. Toutefois, ce second jeu de données conserve toujours un décalage d’une année.
Recul de 44 %depuis 2008 : la baisse continue des substances actives conventionnelles
Ainsi, en 2025, le chiffre d’affaires cumulé des 18 adhérents de Phyteis atteint 2,4 milliards d’euros en France.
Concernant les volumes, en 2024, les distributeurs achetaient 50 054 tonnes de substances actives, dont 33,4 % utilisables en agriculture biologique. Depuis 2008, les quantités totales vendues reculent de 36,3 % tous produits confondus. Cette baisse est même de 44,1 % pour les seules substances conventionnelles. Les objectifs de réduction du Plan Ecophyto de – 50 %, lancé 26 ans plus tôt, sont donc presque atteints.
Produits phyto conventionnels -5 %, bio +23 %
Autre constat, pour la première fois en 2024 : les trajectoires de ventes de substances actives conventionnelles et de celles utilisables en agriculture biologique divergent. En effet, comparé à 2023, le conventionnel recule de 5 %, le bio augmente de 23 %. Cependant, la tendance reste à confirmer pour les prochaines campagnes agricoles.
Pour Phyteis, ces résultats témoignent d’une évolution du modèle de protection des cultures » et reflètent « le renforcement d’une approche raisonnée, de plus en plus précise dans son ciblage ». Cette dynamique est également reliée à « l’essor des solutions combinatoires ». Celles-ci regroupent notamment l’agronomie digitale, les produits phytopharmaceutiques, le biocontrôle, les biostimulants ou encore les biotechnologies.
Néanmoins, l’organisation alerte sur la perte nette de 89 substances actives au niveau européen sur les six dernières années. L’urgence est donc de mettre en place un environnement réglementaire qui favorise l’innovation et accélère sa mise à disposition auprès des agriculteurs.