Les questions des consommateurs sur les effets cumulés des résidus de pesticides dans les aliments sont légitimes. Nous sommes encore au début de l’évaluation de ce qu’on appelle couramment « l’effet cocktail ». Toutefois, les produits de protection des cultures sont le premier secteur des produits réglementés à mettre en place une nouvelle approche d’évaluation spécifique.

L’Efsa instaure une méthode novatrice d’évaluation des effets cocktails

Pour répondre aux interrogations sur de potentiels effets cumulatifs des pesticides, lEfsa met en place une méthode d’évaluation cumulée novatrice. Elle se déroule en deux étapes :

  • La constitution de groupes d’évaluation cumulée (CAG). Il s’agit de regrouper toutes les substances phytosanitaires en fonction des effets sur un organe ou un système donné.
  • L’évaluation combinée des substances de chaque groupe. Elles seront ainsi évaluées ensemble et comparées à un seuil de sécurité global pour l’organe ou le système biologique du groupe CAG en question.

La démarche retenue par l’EFSA repose donc sur un principe simple et cohérent : elle consiste à ajouter une nouvelle dimension au « crédit toxicologique » des substances, à savoir un crédit toxicologique par effet.

Tester l’ensemble des combinaisons de résidus de pesticides dans des études sur l’animal est mathématiquement impossible. « La science n’est pas un jeu de hasard : étudier tous les risques de toutes les combinaisons possibles en lien avec les effets cumulatifs n’a aucun intérêt scientifique car la probabilité de trouver un effet est trop aléatoire », ajoute Julien Durand Réville, responsable santé et prévention Phyteis.

Premières évaluations des effets cocktails sur le cerveau et la thyroïde

L’Efsa a testé la robustesse de sa nouvelle approche sur des effets ou organes clés, que ce soit sur de la toxicité aiguë à court terme ou bien lors d’expositions à long terme sur la vie entière.

De premières évaluations de risque ont été réalisées sur la thyroïde et le cerveau. Les experts cumulent les pourcentages de consommation du crédit toxicologique par effet pour chaque molécule et obtiennent un résultat global pour cet effet.

« Ces travaux préliminaires montrent que même en cumulant les substances ayant des effets comparables, nous sommes en dessous de notre crédit toxicologique en raison des faibles niveaux d’exposition, même en les cumulant ensemble », explique Julien Durand-Réville.

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